Action contre le TP obligatoire : Le Jdm dans le Saint des Saints

Il n'est pas courant pour la presse de pénétrer dans le Temple de la médico-mut au 8e étage de l'Inami. C'est ce qu'a fait le Jdm hier soir avec l'aide de membres du banc médical. Les manifestants qui militent contre l'obligation du tiers-payant réservée aux seuls BIM ont été écoutés par les membres de la médico-mut. Jo De Cock, qui préside l'assemblée, un temps bousculé, a joué le jeu et a montré de la compréhension pour les problèmes logistiques des médecins. Il a toutefois souligné qu'il était là pour servir la loi et la réglementation. Les médecins n'ont pas obtenu que l'échéance du 1er juillet soit reportée.
La mise en place du tiers-payant obligatoire au 1er juillet pour les Bim déplaît à la majorité des généralistes. Deux sondages récents, dont le nôtre, l'attestent sans le moindre doute. Les MG estiment, d'une part, qu'ils sont les mieux à même de juger d'un patient dans le besoin et soulignent que des patients non-Bim, qui connaissent aussi des problèmes financiers, ne bénéficieront pas de la mesure, ce qu'ils qualifient de scandaleux.
D'autre part, la nécessité de vérifier systématiquement l'eID du patient via la carte d'identité électronique est impraticable dans trois cas de figure : lorsqu'il n'y a pas de connexion internet (il y a eu justement hier une panne chez Proximus !), lorsque le patient est mineur et lorsqu'il est étranger avec un ID sans puce électronique.
Le corps médical craint également la surcharge administrative (il y a plus de 54 mutuelles en Belgique) et rappelle qu'il est parfois payé dans un délai d'un mois voire plus. Philosophiquement, le fait d'être payé " par " la mutuelle et non par le patient gêne aussi certains médecins férus d'indépendance qui considèrent qu'on donne encore du poids supplémentaire aux organismes assureurs (lire la réponse de Solidaris).
Enfin, être traités dans la presse d'anti-social est la goutte qui a fait déborder le vase : les MG s'estiment en effet on ne peut plus sociaux et n'ont pas attendu, disent-ils, les mutuelles pour pratiquer des tarifs bas ou la gratuité face à des patients démunis.
Une représentante des infirmières indépendantes a souligné que ses consoeurs connaissaient les mêmes problèmes.
Hier soir, Jo De Cock a écouté patiemment les représentants des médecins, dont David Simon, à l'origine de la fronde et Rufy Baeke, le porte-parole du SVH, syndicat des médecins flamands (non représenté à l'Inami). Le sitting a eu le soutien appuyé de Paul Vollemaere (GBO), le cheval de Troie de cette équipée et Roland Lemye (Absym) qui est venu expliquer à la foule sa compréhension et l'a remerciée d'être là.
Jo De Cock a été empathique mais il doit aussi, dit-il, respecter la loi et l'accord médico-mut qui prévoit cette disposition. Elle ne devrait donc pas être reportée au-delà du 1er juillet comme l'annonçait notamment l'agence Belga. Les médecins ont seulement obtenu que des négociations soient menées sur des modalités pratiques.
Dossier complet dans le Jdm de vendredi.