Cancer de la prostate oligométastatique : Cibler les métastases
Une revue systématique de la littérature montre qu'un traitement ciblé sur les métastases constitue une approche très prometteuse en cas de récidive d'un cancer de la prostate oligométastatique.
Le développement de nouvelles techniques d'imagerie médicale a permis d'augmenter les taux de détection des récidives de cancer de la prostate oligométastatique, ce qui pourrait justifier l'utilisation de traitements ciblés sur les métastases, utilisant plutôt la chirurgie et la radiothérapie qu'une approche thérapeutique systémique. Ceci a motivé une équipe de chercheurs dont faisaient partie des urologues de l'Université de Gand à réaliser une revue systématique de la littérature concernant les traitements ciblés sur les métastases, en cas de récidive de cancer de la prostate oligométastatique.
Sept études de petite envergure
Les données analysées sont issues de sept études, dans lesquelles des récidives de cancer de la prostate oligométastatique ont été diagnostiquées avec l'aide d'un enregistrement simultané d'un PET-scan et d'un CT-scan chez la plupart des patients inclus (98%). Les métastases ganglionnaires osseuses et viscérales ont été traitées dans 78%, 21%, et 1% des cas, respectivement. Les patients ont été traités soit par radiothérapie (66%) ou par dissection des ganglions lymphatiques (34%). Un traitement adjuvant de déprivation androgénique a été administré chez 61% des patients (n=275). En cas de métastases ganglionnaires, une irradiation prophylactique des ganglions a été administrée chez 49% des patients (n=172).
Résultats prometteurs
Globalement, 51% des patients ne présentaient pas de progression entre un et trois ans après un traitement de sauvetage ciblé sur les métastases, la plupart d'entre eux recevant un traitement adjuvant. Pour la radiothérapie, des toxicités de grade 2 de ont été observées chez 8,5% des patients, avec un seul cas de toxicité de grade trois. Dans les cas de dissection de ganglions lymphatiques, on a observé dans 11% des cas des toxicités de grade 2 et dans 12% des cas de complications de grade 3.
Pas encore un standard thérapeutique
Les auteurs considèrent ces résultats comme très prometteurs, mais soulignent qu'il s'agit généralement de séries comportant un nombre assez faible de cas, ce qui n'autorise pas une extrapolation permettant de définir le traitement ciblé des métastases comme un standard thérapeutique pour les cancers de la prostate oligométastatiques.