Traitement de déprivation androgénique: prendre en charge les effets secondaires
Un travail de recherche européen s'est intéressé aux effets secondaires du traitement de déprivation androgénique, et en particulier à certaines mesures thérapeutiques permettant de prendre en charge au mieux les effets secondaires.
Le traitement de déprivation androgénique est devenu une composante essentielle du traitement dans les formes agressives et avancées de cancer de la prostate. Ce traitement n'est cependant pas dépourvu d'effets secondaires, notamment au niveau osseux, métabolique, cardiovasculaire, sexuel et cognitif. Il a également des effets sur la composition du corps. Une étude européenne à laquelle participait notamment une équipe de l'UCL, a réalisé une revue de la littérature pour documenter les effets secondaires du traitement de déprivation androgénique. Elle cherchait également à savoir dans les études de randomisées prospectives, quelles étaient les interventions qui avaient permis de diminuer ces effets secondaires.
Principaux effets secondaires de l'ADT
Les effets secondaires du traitement de déprivation androgénique incluent une diminution de la densité minérale osseuse, des modifications métaboliques comme une prise de poids, une diminution de la masse musculaire et une augmentation de la résistance à l'insuline. On observe également une diminution de la libido et des dysfonctions sexuelles, des bouffées de chaleur, une gynécomastie, une diminution de la taille des testicules, ainsi que de l'anémie et de la fatigue. Diverses études observationnelles suggèrent également une augmentation du risque de diabète et de complications cardiovasculaires, même si la plupart des études qui ont été publiées ne semblent pas associer le traitement de déprivation androgénique à une augmentation de la mortalité cardiovasculaire.
Quelques traitements efficaces
Les études randomisées ont permis de définir certains traitements susceptibles de prendre en charge les effets secondaires du traitement de déprivation androgénique. Pour les problèmes de perte de densité osseuse, le denosumab et les modulateurs sélectifs des récepteurs pour les oestrogènes ont été proposés. Dans le cadre du syndrome métabolique, l'exercice physique, le régime et éventuellement un traitement à la metformine peuvent être intéressants. La gynécomastie peut éventuellement être prise en charge par le tamoxifène ou par une radiothérapie prophylactique. Les pertes de masse musculaire peuvent être compensées par des exercices de résistance et des exercices aérobies. Des bouffées de chaleur peuvent parfois être améliorées par des traitements comme la venlafaxine, la médroxyprogestérone, l'acétate de cyprotérone ou la gabapentine.
Informer les médecins
Les auteurs concluent que le traitement par déprivation androgénique est une composante nécessaire du traitement de nombreux cas de cancer de la prostate agressif et qu'une série d'effets secondaires doit être prise en compte. Ces effets secondaires peuvent avoir un impact négatif sur la santé et la qualité de vie, c'est pourquoi il est important d'informer les cliniciens quant aux interventions qui pourraient diminuer ces effets secondaires.