Asthme et fonction cognitive
Quelques travaux ayant suggéré que le terrain inflammatoire qui caractérise l'asthme non contrôlé pouvait favoriser les troubles cognitifs, une équipe américaine a entrepris de vérifier cela dans une étude prospective observationnelle.
Les 452 sujets inclus dans la cohorte avaient tous plus de 60 ans (moyenne 68 ans) et il s'agissait d'asthmatiques (diagnostic posé par un médecin) sans BPCO ni tabagisme >10 paquets-années. Parmi eux 41% étaient mal contrôlés selon les données du questionnaire de contrôle de l'asthme et 35% avaient un VEMS <70%.
Les auteurs rapportent effectivement qu'en analyse univariée, il existe bien une association significative entre un contrôle insuffisant de l'asthme et une obstruction bronchique persistante et de moins bons résultats à l'ensemble des tests utilisés pour apprécier la vitesse de traitement des informations, les fonctions exécutives, l'attention, la mémoire de travail et à plus long terme, la fluidité verbale et la cognition globale.
Cependant, cette signification statistique disparaît entièrement après ajustement pour l'âge, le degré d'éducation, la maitrise de la langue anglaise et le niveau de ressources.
Les résultats sont similaires chez les sujets dont les réponses aux tests cognitifs utilisés étaient inférieures à celles considérées comme normales.
En clair, ce travail met à mal l'idée que l'asthme mal contrôlé pourrait être un facteur de déchéance cognitive accrue. Mais se pourrait-il alors que l'inverse soit vrai, à savoir que l'existence de perturbations cognitives (en particulier les troubles mnésiques) engendre une moins bonne adhésion au traitement et donc un moins bon contrôle de l'asthme? D'autres études...