Asthme allergique, la piste calcique
Le blocage des récepteurs sensibles au calcium couplés à la protéine G que l'on trouve dans les cellules des voies respiratoires deviendra-t-il un jour un traitement de l'asthme allergique ?
C'est tout à fait possible si l'on en croit une équipe américaine qui rapporte que chez les asthmatiques, l'expression de ces récepteurs dans les cellules musculaires lisses des voies aériennes est trois fois plus élevée que chez les non-asthmatiques. De plus, ils rapportent qu'il est tout à fait possible de moduler l'activité de ces récepteurs sensibles au calcium en utilisant des calcilytiques, une nouvelle classe thérapeutique en développement clinique et suggèrent que cette approche pourrait bien devenir le premier traitement réellement curatif de l'asthme en s'attaquant non plus aux symptômes mais aux causes mêmes de l'asthme allergique.
Les récepteurs en question sont des protéines de surface qui se lient au calcium ainsi qu'à d'autres particules chargées appelées polycations dont deux représentants sont bien connus des allergologues puisqu'il s'agit de la protéine cationique éosinophile (ECP) et de la protéine basique majeure (MBP). L'activation de ces récepteurs permet de réguler les niveaux de calcium circulant dans le corps. C'est le calcium extracellulaire ou un polycation qui active les récepteurs des cellules des voies respiratoires, augmentant ainsi le niveau de calcium intracellulaire, ce qui engendre hyperréactivité et inflammation des voies aériennes. L'exposition des cellules musculaires lisses des voies aériennes de patients asthmatiques à un calcilytique permet de réduire le niveau de calcium intracellulaire et par voie de conséquence, l'hyperréactivité. De plus, le traitement de souris asthmatiques par un calcilytique a permis de réduire nettement l'inflammation et l'obstruction des voies respiratoires.
A suivre.