Stent ou pas ? Un apport hollandais...
La sténose de l'artère vertébrale à son origine ou dans sa portion intracrânienne constitue une source fréquente d'AVC ischémique. Or, le risque de récidives chez ces patients traités médicalement est souvent élevé, c'est pourquoi un stenting préventif a parfois été proposé. Cependant, les preuves d'un bénéfice supérieur du stenting sur le traitement par médicament étaient encore insuffisantes...
De fait, les patients avec un accident ischémique transitoire à ce niveau ou une ischémie vraie présentent un risque majoré de 50% d'un nouvel incident. Des chercheurs néerlandais ont mené une étude de phase 2 open-label sur de tels patients. Ils ont été randomisés en deux groupes : l'un traité par stent et par traitement médical, l'autre ne recevant qu'un traitement médical. L'objectif primaire était de comparer un indice composite regroupant les décès vasculaires, les infarctus du myocarde ou tout AVC survenant dans les 30 jours après le début du traitement. En deuxième lieu, les chercheurs ont évalué les AVC dans le territoire traité précédemment, l'indice composite et le degré de sténose dans les 12 mois suivants.
L'étude a été stoppée après l'inclusion de 115 patients en raison de nouveaux critères de la part des autorités de régulation. En tout, 57 patients ont été assignés dans le groupe stenting et 58 dans le groupe " traitement médical ". Dans le premier, 3 patients ont développé un incident dans les 30 jours versus 1 seul dans l'autre groupe.
Durant un suivi médian de 3 ans, 7 patients du premier groupe, versus 4 du second, ont développé un nouvel AVC dans le territoire précédemment concerné. Dans le même temps, respectivement 11 et 10 patients sont décédés pour des causes cardiovasculaires, ont développé un infarctus ou un autre AVC. La petite taille de l'artère vertébrale n'a pas permis d'apprécier le grade de resténose à l'angiographie. Enfin le nombre d'effets secondaires a été un peu plus important dans le groupe Stenting que dans l'autre groupe.
Autrement dit, les auteurs ne voient aucun intérêt à faire subir ce type d'intervention d'autant que des complications sont survenues chez 20 patients en périopératoire.