Antidépresseurs et grossesse : les questions demeurent...
Quel est le risque de traiter une patiente par antidépresseurs durant sa grossesse, ou de ne pas la traiter ? Des chercheurs norvégiens viennent de publier une étude aux résultats étonnants...
Les auteurs sont partis de l'hypothèse que les antidépresseurs pouvaient potentiellement présenter un risque d'effets secondaires pour les enfants à naitre. Toutefois, il n'est pas simple de faire la part des choses entre les effets des antidépresseurs et les troubles liés aux facteurs génétiques ou aux facteurs environnementaux par des études classiques. Pour mesurer cette différence, des chercheurs norvégiens ont évalué l'exposition prénatale aux antidépresseurs et les troubles du comportement dans une même fratrie.
La cohorte norvégienne a réuni 20.180 enfants. Les mères ont été interrogées sur leur utilisation d'antidépresseurs entre la 17ème et la 30ème semaine de grossesse et 6 mois en postpartum. Les troubles du comportement chez les enfants ont été évalués à 18 et à 36 mois.
Les effets des antidépresseurs ont été spécifiquement liés à une augmentation de l'anxiété et non à une réactivité émotionnelle plus importante, des plaintes somatiques, des troubles du sommeil, d'attention ou d'agressivité. En effet, l'exposition prénatale accroit les symptômes anxieux des enfants exposés jusqu'à 3 ans, même après ajustement pour d'autres facteurs confondants comme la dépression maternelle. Par ailleurs, les chercheurs ont également découvert que cette dépression était elle-même associée à des troubles du comportement chez l'enfant.
Les auteurs estiment donc que tous les résultats pris ensemble plaident pour une prise en charge de la dépression sans traitement médicamenteux afin de diminuer la dépression chez la mère avant la naissance autant que possible.