Les personnes âgées doivent-elles modifier leurs habitudes alimentaires ?
Chez le jeune adulte, de nombreuses données probantes mettent en évidence une relation entre régime alimentaire et cancer d'une part, et régime alimentaire et maladies cardiovasculaires d'autre part. Mais cet effet persiste-t-il chez les personnes âgées ?
Les auteurs ont réalisé une analyse secondaire basée sur les données émanant de l'Australian Longitudinal Study of Ageing, qui, depuis 1992, a suivi un large groupe de sujets âgés de plus de 65 ans. Les investigateurs ont effectué une méta-analyse de régression logistique sur les données obtenues à l'entrée dans l'étude ainsi qu'après un suivi de 2 et de 8 ans, afin de déterminer s'il existe une relation entre les habitudes alimentaires et le développement d'un cancer/de maladies cardiovasculaires ou le décès par ces maladies.
Cinq types de régime alimentaire
Sur la base de 170 questions relatives aux aliments consommés habituellement, les participants (sans cancer ni maladie cardiovasculaire) ont été répartis à l'entrée dans l'étude en cinq types de régime alimentaire : 'choix aléatoires, ainsi que pain et céréales', 'fruits et légumes', 'viande blanche et produits laitiers', 'pain et céréales, pâtisserie sucrée et produits laitiers' et 'viande rouge et alternatives protéiques'. Les sujets de plus de 65 ans ont dû répondre eux-mêmes aux questions, mais celles-ci étaient conçues de telle sorte que toutes les questions étaient posées deux fois, de façon indépendante, dans le but de réduire les erreurs au minimum. Toutefois, le questionnaire utilisé ne permettant pas d'opérer une distinction entre le pain complet et le pain blanc ou les céréales, il est possible que certaines associations (ou l'absence d'association) entre ces produits et certaines maladies aient été masquées.
Viande rouge
Seul le régime alimentaire 'viande rouge et alternatives protéiques' a été associé à une augmentation significative du risque de développement d'un cancer et du risque de décès, après corrections pour l'âge, le sexe, le tabagisme, la surcharge pondérale, l'obésité et le nombre de comorbidités.
Les auteurs concluent que le développement d'un cancer/de maladies cardiovasculaires ou le décès par ces maladies sont probablement sans rapport avec la plupart des habitudes alimentaires chez les personnes de plus de 70 ans non atteintes de cancer ou de maladie cardiovasculaire. Une exception cependant : ce constat ne s'applique pas aux personnes qui consomment principalement le régime 'viande rouge et alternatives protéiques'. Si ces résultats se confirment, une adaptation des conseils nutritionnels à l'attention des personnes âgées pourrait s'avérer nécessaire.