Filtre : la fin d'une saga ?
Avec le dépôt de son projet de décret organisant un filtre aux études de médecine après le 1er BAC et son probable entérinement avant l'été par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt met, de guerre lasse, fin à un triste feuilleton qui dure depuis plus de 15 ans. Il a vu passer le filtre après la 3e année de médecine, le moratoire, le drame des reçus-collés et j'en passe.
Encore cet épilogue n'est-il dû qu'un à un ultime combat à fleurets mouchetés entre les deux mastodontes de la politique, Marcourt et De Block : tu me donnes un cadastre dynamique des médecins en activité et un numéro Inami pour tous les étudiants en activité contre un filtre aux études de médecine. Un " deal " comme on dit aujourd'hui qui, jusqu'à jeudi soir, a tenu en haleine journalistes, étudiants en médecine, doyens des Facultés de médecine, sans oublier les patients qui en définitive sont les premiers concernés.
Cette fin qu'on peut espérer heureuse confirme toutefois l'existence de deux démocraties très différentes qui cohabitent dans notre pays. Le sud, une fois n'est pas coutume " libéral ", est favorable à des études universitaires ouvertes à tout vent qui donnent, en apparence, une chance à chacun de se frotter à l'université quitte à changer d'orientation ensuite. Notre ministre de l'Enseignement supérieur a l'intime conviction qu'une dramatique pénurie de médecins se profile et que le contingentement est anachronique. La preuve en serait l'importation de centaines de médecins étrangers, notamment roumains. Le nord, plus collectiviste pour cette fois, ne jure que par les quotas de médecins, obsédé par une Wallonie prétendument sur-consommatrice de soins et irresponsable par atavisme.
On sait qu'en Belgique, les choses avancent lentement. Nous sommes réputés pour notre étonnante créativité à trouver des compromis. Ceux-ci nous ont maintenus en vie. Mais faut-il évoquer le Lièvre et la Tortue (tout arrive à point à qui sait attendre) ? Ou plutôt la Cigale et la Fourmi en se demandant si la Wallonie tient toujours le rôle de la cigale, rappelée à l'ordre par une fourmi laborieuse, parce qu'elle a chanté tout l'été...