La toxicité pulmonaire du méthotrexate (MTX) est-elle un leurre?
Dans la polyarthrite rhumatoïde, le MTX a été soupçonné de toxicité pulmonaire se manifestant sous la forme d'une atteinte interstitielle malheureusement quasi impossible à distinguer de l'atteinte pulmonaire liée à la maladie elle-même.
Une équipe irlandaise a donc décidé d'évaluer l'éventuelle toxicité pulmonaire du MTX en se limitant à des sujets atteints de psoriasis, d'arthrite psoriasique et de maladies inflammatoires chroniques du tube digestif et enrôlés dans des études randomisées, contrôlées (versus placebo ou comparateur actif), menées en double aveugle comportant plus de 50 sujets et d'une durée d'au moins 12 semaines. Pour être éligible à la méta-analyse, les études devaient par ailleurs rapporter séparément les effets secondaires pour le méthotrexate et le pour comparateur.
Au total, 7 études ont pu être identifiées, regroupant 1.640 patients dont 818 recevant le MTX, et les investigateurs ont répertorié 504 effets secondaires pulmonaires. Il n'a pas été constaté de risque accru de manifestations pulmonaires chez les patients recevant le MTX, que l'on prenne en compte la totalité des effets secondaires (risque relatif 1,03 ; IC 95% 0,90 - 1,17), les infections respiratoires (risque relatif 1,02 ; IC 95% 0,88 - 1,19) ou les événements respiratoires non infectieux (risque relatif 1,07 ; IC 95% 0,58 - 1,96).
Conscients des limitations liées aux critères de sélection des études, en particulier l'absence totale d'études observationnelles de la vraie vie dont la durée est souvent beaucoup plus longue, les investigateurs concluent prudemment que leurs données sont rassurantes, mais ne blanchissent pas totalement le MTX, car l'éventualité d'un risque minime mais cliniquement important ne peut être exclue.