Cancer de la prostate : Dissection lymphatique en cas de récidives limitées aux ganglions
Une revue de la littérature scientifique menée par différentes équipes européennes montre qu'une intervention de sauvetage consistant en une résection des ganglions lymphatiques constitue une option thérapeutique intéressante chez des patients avec une récidive de la maladie limitée aux ganglions lymphatiques, après une prostatectomie radicale. Ces données restent cependant à confirmer dans des études prospectives.
Les patients qui présentent un cancer de la prostate avec une récidive clinique limitée aux ganglions lymphatiques régionaux et/ou rétropéritonéaux pourraient représenter un groupe particulier, avec une évolution clinique plus favorable que les hommes qui présentent une progression localisée au niveau osseux ou au niveau des organes viscéraux. Certaines données semblent suggérer un impact bénéfique d'une dissection des ganglions lymphatiques pelviens sur la survie de ces patients, comme le montrait notamment l'étude allemande de Tilki que nous avons rapporté en septembre dernier dans cette newsletter (eURO du 23/9/2014).
Apport de l'imagerie
L'étude présentée ici visait à réaliser une revue de la littérature actuellement disponible quant aux résultats obtenus avec une dissection de sauvetage des ganglions lymphatiques chez les patients présentant une récidive clinique d'un cancer de la prostate, limitée aux ganglions lymphatiques après une prostatectomie radicale. Dans leur conclusion, les auteurs indiquent que les techniques d'imagerie contemporaine, comme les tomographies à émission de positrons à 11 C-choline, et l'imagerie par résonance magnétique pondérée en diffusion, permettent d'augmenter la précision de l'identification des récidives limitées aux ganglions lymphatiques chez des patients présentant une récidive biochimique après une prostatectomie radicale.
Retarder la progression et postposer l'hormonothérapie
Chez ces patients,une intervention de sauvetage par dissection des ganglions lymphatiques peut être considérée comme une option thérapeutique intéressante. Les données disponibles actuellement suggèrent que cette intervention peut retarder la progression clinique et permettre de postposer le traitement hormonal chez au moins un tiers des patients, bien que la majorité aura une récidive biochimique. Une sélection stricte des patients avant une telle intervention peut aider à améliorer ces résultats. La complication la plus fréquente après une dissection des ganglions lymphatiques de sauvetage est l'apparition d'une lymphorrhée (15,3 %), de la fièvre (14,5 %) et un iléus (11,2 %).
A confirmer
Les auteurs font cependant remarquer que toutes les cohortes examinées étaient issues de séries rétrospectives d'institutions uniques, avec des échantillons limités en taille et avec une période de suivi relativement faible. Ces observations ne peuvent donc pas actuellement être généralisées et nécessiteront d'autres travaux de recherche dans des études prospectives pour être confirmés.