Ostéoporose et maladie coeliaque: faut-il rechercher les anticorps anti-ostéoprotégérine?
Des auto-anticorps dirigés contre l'ostéoprotégérine sont présents chez des malades avec une ostéoporose sévère et une maladie coeliaque associée. Cette nouvelle étude donne une idée de la prévalence et corrèle ces auto-anticorps avec la densité minérale osseuse à la hanche et au rachis.
L'ostéoprotégérine est un puissant inhibiteur de la résorption osseuse en se fixant avec une forte affinité à son ligand RANKL. Dans certaines situations, des auto-anticorps apparaissent qui neutralisent cette activité. C'est le cas notamment lorsque l'ostéoporose est associée à la maladie coeliaque, selon cette nouvelle étude qui a voulu démontrer le lien avec la densité minérale osseuse et l'utilité d'une recherche de ces auto-anticorps en préalable au traitement.
Un marqueur de résorption osseuse
L'étude1 a inclus 282 patients avec une maladie coeliaque et une ostéoporose sévère. Les auto-anticorps dirigés contre l'ostéoprotégérine ont été recherchés par une méthode immuno-enzymatique et leur présence corrélée à la densité minérale osseuse. Les résultats montrent que les auto-anticorps sont présents chez 5% des patients avec une maladie coeliaque. Leur présence est associée à une diminution marquée du T-score au rachis (- 2 en cas d'anticorps versus - 1,05 sans anticorps, p = 0,02). L'association est significative autant en analyse univariée qu'en analyse multivariée, incluant l'âge, le sexe, la taille et le poids (p < 0,05). La réduction n'est pas significative pour les scores moyens de DMO à la hanche en cas de présence d'auto-anticorps anti-OPG (-1,36 avec anticorps versus - 1,01 sans anticorps, p = 0,29). Pour les auteurs, des taux élevés de ces auto-anticorps sont trouvés chez suffisamment de patients avec des maladies coeliaques que pour justifier un suivi régulier en clinique. Au-delà de ce rôle, l'OPG pourrait également participer à l'inflammation et à la rupture des plaques d'athérome. Les données cliniques montrent qu'elle est également un marqueur indépendant de pathologie vasculaire et du risque cardiovasculaire, notamment chez les patients diabétiques.