Fracture de hanche et mortalité : Certains médicaments sont-ils à risque?
Cette étude examine le lien entre la consommation de certains médicaments et la mortalité à 30 jours après une fracture de hanche. C'est la première et la plus vaste étude réalisée à ce jour qui passe en revue plus d'une vingtaine de médicaments ou classes thérapeutiques avec des résultats interpellants.
Les fractures de hanche sont en général associées à une morbi-mortalité accrue aux conséquences humaines et financières importantes. L'augmentation de la mortalité après fracture dépend d'un certain nombre d'éléments, d'abord liés au patient, ensuite liés aux soins prodigués et aux services hospitaliers. La corrélation entre les médicaments pris avant la fracture et la mortalité à 30 jours n'a jamais été explorée par le passé.
A intégrer dans la pratique
Cette étude1 a sélectionné 143.553 patients au départ du Danish National Hospital Discharge Register, ayant eu une fracture de hanche entre janvier 1995 et décembre 2013. Toutes les informations relatives à l'emploi de médicaments ont été obtenues à partir de la National Prescription Database. Une consommation habituelle des médicaments est définie par deux ou plusieurs prescriptions dans l'année qui précède la fracture. Au total, 128.516 patients sont en vie à 30 jours, 15.037 sont décédés (âges moyens respectifs: 76 et 82 ans). Les résultats sont significatifs pour 22 des 27 molécules ou classes thérapeutiques testées après ajustement pour l'âge, le sexe et le score de Charlson. Parmi les produits liés à un accroissement de la mortalité à 30 jours, on trouve les diurétiques (HR = 1,79, p < 0,0001), les anti-cholinergiques par inhalation (HR = 1,60, p < 0,0001), les antiarythmiques (HR = 1,60), la prednisolone (HR = 1,44) et à la limite de la significativité, les bêtabloquants (HR = 1,09). Parmi les médicaments associés à une réduction de la mortalité à 30 jours, on trouve les antagonistes de l'angiotensine II (HR = 0,75), l'hormonothérapie substitutive (HR = 0,81), l'insuline (HR = 0,90), les statines (HR = 0,73). Pour les auteurs, c'est la première démonstration que le type de médicaments pris par le patient peut donner une idée du risque de mortalité encouru dans les 30 jours de la fracture.