Quand les patients atteints d'un diabète de type 2 arrêtent de fumer...
Le tabagisme augmente le risque de diabète de type 2. Différentes études observationnelles ont néanmoins révélé que chez les patients qui arrêtent de fumer, ce risque augmente pendant les 3 à 5 ans suivant l'arrêt tabagique, par rapport aux patients qui continuent de fumer. Ce n'est qu'après 10 à 12 ans d'abstinence tabagique que le risque devient comparable à celui des patients n'ayant jamais fumé. Mais qu'en est-il des diabétiques qui arrêtent de fumer ?
En d'autres termes, est-ce que l'arrêt tabagique induit une perte de contrôle du diabète ? Si oui, pendant combien de temps ? Et cet effet peut-il s'expliquer par les variations du poids ?
Comparaison première année/troisième année suivant l'arrêt tabagique
Les auteurs ont utilisé la base de données THIN (Health Improvement Network), une importante base de données constituée aux États-Unis, qui enregistre principalement les données de première ligne. De janvier 2005 à décembre 2010, les auteurs ont réalisé une étude de cohorte rétrospective incluant plus de 10.000 fumeurs adultes atteints d'un diabète de type 2. Vingt-neuf pour cent (29 %) des patients ont arrêté de fumer pendant au moins un an. Après correction des valeurs, on a constaté que les taux d'HbA1c augmentaient significativement de 0,21 % au cours de la première année suivant l'arrêt tabagique. C'est seulement après trois ans d'abstinence tabagique que les taux d'HbA1c étaient à nouveau comparables aux taux observés chez les patients ayant continué de fumer.
L'impact de la prise de poids survenant au cours de l'arrêt tabagique est pointé du doigt pour expliquer ce fait. En effet, l'arrêt tabagique améliore le sens du goût et les personnes modifient sans doute leur régime, consommant alors des aliments dont l'index glycémique est plus élevé. Mais ce n'était néanmoins pas le cas au cours de cette étude.
En pratique
Selon les auteurs, il ne faut certainement pas en conclure que les patients atteints d'un diabète de type 2 feraient mieux de continuer à fumer. On ignore encore si la perte de contrôle temporaire de la glycémie a un impact à plus long terme. Mais les patients doivent être avertis que le contrôle du diabète s'améliorera vraisemblablement avec le temps. Le message à transmettre est donc qu'il faut persévérer et que, même si aucun lien n'a été établi avec l'alimentation, il faut néanmoins veiller à équilibrer correctement les repas. Les médecins doivent également être particulièrement attentifs aux éventuelles complications du diabète pouvant survenir au cours de cette période, et intervenir de manière préventive.