Mal épileptique : du neuf ?
L'état de mal épileptique constitue une urgence médicale puisqu'il est associé à une mortalité et une morbidité significative. Elle représente aussi un cout de prise en charge important en termes d'hospitalisation. Or, peu d'études existent à ce sujet. Des chercheurs américains ont tenté d'y remédier.
Ces chercheurs ont donc effectué deux études rétrospectives croisées incluant 408.304 hospitalisations entre 1999 et 2010 à partir de différentes bases de données, dont celles du CDC d'Atlanta.
En 2010, l'état de mal épileptique a provoqué le décès de 613 personnes, soit environ 2 pour 1 million. Après standardisation pour l'âge, il apparaît que la mortalité par million de personnes a augmenté de 5,6%, passant de 1,79 en 1999 à 1,89 en 2010 alors que, dans le même temps, les hospitalisations pour état de mal épileptique par 100.000 personnes ont été accrues de 56,4%, passant de 8,86 à 13,86. L'augmentation la plus importante se marque dans le taux de personnes intubées sans diagnostic princeps d'état de mal épileptique : +181,6%. Par ailleurs, les chercheurs ont également voulu savoir si le type d'assurance santé influençait le comportement de l'hôpital. Il semble que la réponse soit affirmative puisque ce sont les patients MEDICARE qui ont connu la plus grande augmentation d'hospitalisations : +81,3%.
Les auteurs concluent qu'il existe une déconnexion entre la mortalité relativement stable des personnes en état de mal épileptique et le nombre d'hospitalisations qui sont liées à l'épilepsie. Ceci est dû, selon eux, à une amélioration du diagnostic de cet état, mais probablement aussi, dans le codage de la maladie et dans la facturation ! Les chercheurs suggèrent que tout cela soit pris en considération lorsque l'on redéfinira la maladie...