Fumer pourrait favoriser le risque de suicide
Une étude longitudinale de grande envergure et de longue haleine tend à démontrer que, chez un enfant exposé à un tabagisme passif par ses parents fumeurs, le risque de développer des plaques d'athérome carotidiennes à l'âge adulte n'est pas négligeable (1). Il est maximal quand les parents fument au voisinage de l'enfant. Voilà qui s'ajoute aux nombreux effets néfastes déjà attribués au tabac.
Une autre recherche franco-américaine récente, réalisée à partir d'une base de données de 43.093 personnes, montre que fumer a aussi un impact sur la santé mentale, le tabac pouvant favoriser les pensées suicidaires puis le passage à l'acte (2). Pire, le risque de tentative de suicide serait multiplié par quatre chez les nouveaux fumeurs ainsi que chez ceux qui ont rechuté pendant l'étude, par rapport aux non-fumeurs.
Selon un des auteurs, le Dr Ivan Berlin, plusieurs hypothèses pourraient expliquer cet effet toxique du tabac, entre autres l'hypoxie au cerveau. Il préconise l'arrêt total du tabac chez les personnes dépressives.
Bonne nouvelle pour ceux qui tenteraient effectivement d'arrêter. D'autres chercheurs américains ont identifié dans le cerveau une petite zone du noyau interpédonculaire, qui devient active pendant le sevrage de la nicotine et qui augmente notamment l'anxiété, pouvant conduire à une rechute (3). Sur la souris, modèle d'anxiété, ils sont parvenus à réduire l'anxiété en calmant l'activité de ces neurones spécifiques, suggérant un protocole similaire possible chez l'Homme.