Le tabagisme nuit à la chirurgie urologique
Le fait d'arrêter de fumer s'accompagne d'une amélioration significative des résultats après des interventions chirurgicales urologiques importantes. Quelques résultats attendus et d'autres plus intrigants d'une étude américaine présentée à l'AUA 2015.
Afin d'évaluer l'impact du tabagisme chez des patients qui doivent subir des interventions urologiques lourdes comme une cystectomie, une prostatectomie ou une néphrectomie, une équipe d'urologues de Detroit a analysé une base de données de l'American College of Surgeons comportant plus de 9.000 patients qui avaient subi une de ces interventions, en les mettant en perspective par rapport aux habitudes de tabagisme avouées par les patients inclus. Les patients étaient répartis en trois groupes: fumeurs, non-fumeurs et anciens fumeurs. La morbidité à 30 jours a été évaluée sur base du nombre de complications, de séjours prolongés à l'hôpital, de nécessité de nouvelle intervention ou de ré-hospitalisations.
Impact variable selon les interventions
Les résultats montrent que les fumeurs présentent un risque significativement plus élevé de développer des complications respiratoire ou rénales, ainsi que de séjourner plus longtemps à l'hôpital après une prostatectomie. Après une cystectomie ou une néphrectomie, les taux de complications ne semblent pas affectés par le tabagisme mais on note chez les fumeurs une augmentation du risque de devoir recourir à une réintervention après une cystectomie. Les anciens fumeurs présentent, quant à eux, un risque plus élevé de devoir être ré-hospitalisés après une cystectomie. Par contre, en cas de prostatectomie, les résultats devenaient tout à fait comparables à ceux des non-fumeurs chez les patients qui avaient arrêté de fumer depuis au moins un an.
Evidente conclusion
Le commentaire des investigateurs était, dès lors, évident. "Cette étude montre qu'au plus vite les patients arrêtent de fumer, au plus vite le risque de présenter des problèmes après une chirurgie urologique lourde diminue. A terme, le risque des ex-fumeurs finit par rejoindre celui des non-fumeurs ", concluent-ils.