La lumière comme antidouleur ?
Il fallait bien que l'année internationale de la lumière décrétée par l'ONU consacre aussi la recherche sur les propriétés des protéines qui y sont sensibles. Ici, ce sont des chercheurs de la Washington University à Saint-Louis (MI, USA) qui ont trouvé une nouvelle méthode pour activer les récepteurs intéressants pour combattre la douleur.
La recherche est fascinante puisqu'elle utilise ce que l'on appelle aujourd'hui l'optogénétique qui, comme son nom l'indique, allie génétique et optique. Elle permet de rendre des neurones sensibles à la lumière, stimulant spécifiquement un récepteur ou un type cellulaire. Il s'agit ni plus ni moins d'un ciblage par lumière interposée.
Toutefois, la plupart des approches sont binaires, générant une réponse on/off. Ici, les chercheurs ont tenté de moduler la réponse en utilisant une protéine se couplant avec la protéine G au récepteur µ pour les opioïdes, ce qu'ils ont appelé l'opto-MOR (mu-opioid-like receptor). Ce couplage permet d'obtenir une réponse à la récompense contrôlée. En l'absence de lumière, l'animal sur lequel on pratique l'expérience se comporte de façon normale.
Opto-MOR peut être considéré comme un nouvel outil pour le contrôle optodynamique des signaux opioïdes. En effet, les chercheurs ont réussi à faire varier la réponse des animaux en fonction de la quantité de lumière émise et de la longueur d'ondes.
Actuellement, cette option lumineuse n'est qu'une voie de recherche. Cela étant, elle a permis aux chercheurs que le signal Opto-MOR se transmette via l'inhibition de l'adénylyl-cyclase, l'activation de la MAPkinase et la régulation des protéines G. Le récepteur µ est d'ailleurs internalisé dans le modèle expérimental comme s'il s'agissait d'une activation pharmacologique. Ce système est donc encore loin d'être utilisé chez l'homme, si tant est qu'il le soit jamais...