Dépression chez l'enfant : les SSRI en question
Une équipe multidisciplinaire de Johns Hopkins vient de développer deux nouvelles stratégies pour traiter la dépression des jeunes par SSRI. Ces stratégies permettent de lever au moins en partie les risques de suicide, espèrent les auteurs.
L'équipe américaine met en avant le fait que 10% des enfants et des adolescents aux USA souffrent de dépression majeure. Cependant, rappelons-nous qu'en 2004, la FDA a exigé la publication d'une alerte concernant l'utilisation de ces médicaments chez les jeunes en raison d'une augmentation des idéations suicidaires et de passage à l'acte de 2 à 4% durant les premières semaines de traitement. Cette alerte a eu l'effet inverse de celui recherché puisque le taux de suicide a augmenté beaucoup plus, en raison d'un arrêt ou d'un refus de traitement.
Ici, Kaplin et ses collègues proposent une alternative afin de contrecarrer les effets négatifs précoces. Tout d'abord, il est essentiel d'arriver au dosage le plus juste et de tenir compte des autres traitements éventuels. Rien de bien neuf par rapport à l'adulte, mais selon les auteurs, cela semblait être oublié par les prescripteurs.
De plus, il apparaît dans leur recherche que si les jeunes deviennent effectivement plus impulsifs au cours du premier mois de traitement, ce dernier ne provoque pas par lui-même les idées de suicide. Autrement dit, cela doit donc être aussi évalué avant le début du traitement.
Par ailleurs, l'équipe de chercheurs a mis au point une simulation permettant de doser les SSRI. Ils ont remarqué qu'ils généraient exactement le même type de schéma thérapeutique que celui que l'on utilise chez l'adulte ressentant trop les effets négatifs des SSRI. Le problème est que le calendrier du patient n'est pas celui du clinicien ou de la molécule. Cela peut prendre plusieurs semaines pour atteindre un seuil thérapeutique intéressant. C'est pourquoi ils ont mis au point une molécule WAY-100635, un antagoniste du récepteur 5HT1A, qui produit un effet synergique lorsqu'elle est administrée avec un SSRI.
Celle-ci est capable d'inhiber les effets négatifs de la fluoxétine. L'étude du mécanisme moléculaire a permis de montrer que cette substance augmente la disponibilité de la sérotonine. Ceci devrait permettre, selon les chercheurs, de réduire le dosage de SSRI administré aux jeunes... Mais les études devraient seulement commencer sur l'homme.