Leçons américaines

Ciel ! Un voyage d'étude aux Etats-Unis pour découvrir les éventuelles vertus de leur système de soins de santé. L'aréopage de spécialistes de la santé hospitalière parti en délégation il y a peu a-t-il perdu la tête ?
Depuis qu'on se passe les films de Michael Moore en boucle - et notamment Sicko qui fait l'éloge du système de soins... cubain -, on sait pourtant qu'avant l'ObamaCare, 50 millions d'Américains étaient exclus de toute couverture santé, que les hôpitaux US demandent votre carte de crédit avant de vous prendre en charge, que le généraliste coûte 130 dollars la consultation et le dentiste 500 dollars et que des maçons privés de soins promènent leur hernie sur les échafaudages des gratte-ciels new-yorkais...
The better the worse, l'Amérique ?
Si certains médecins belges sont revenus dare-dare dans leur pays après une expérience malheureuse dans un hôpital américain, nombre d'autres ont fait une spécialisation outre-Atlantique ou y enseignent et savent faire la part des choses entre l'amoncellement des clichés et la réalité d'un pays plein de contraste et de contradictions.
Dans notre dernière édition papier, nous avons découvert le National Health Service écossais et sa merveilleuse médecine gratuite. Nous voilà partis à l'assaut du système étatsunien basé sur le profit. Il peut, lui aussi, quoi qu'on en dise, nous inspirer : un encadrement en personnel plus élevé, un pay for quality plutôt qu'un pay for performance, un système fiable de calcul des coûts et la volonté d'implémenter véritablement des protocoles EBM.
La vérité est que tout en conservant jalousement ce qui fait l'attrait de notre système - accessibilité, solidarité et qualité de la médecine - nous devons sans cesse aller à la découverte de ce qui fait la force de systèmes étrangers, qu'ils soient publics ou privatisés. Sans tabou.
Nul n'est prophète en son pays.