Cibler l'os et traiter par abiraterone, une synergie qui fait ses preuves
Une analyse 'post hoc' de l'étude COUGAR (COU-AA-302) montre que l'association d'un traitement composé d'abiraterone et de prednisone à un traitement concomitant ciblé sur les métastases osseuses est une approche sûre est bien tolérée chez des hommes présentant un cancer de la prostate métastasé, résistant à la castration qui n'ont jamais reçu de chimiothérapie préalable. Un tel traitement permet d'améliorer les bénéfices cliniques du traitement par abiraterone et prednisone.
Le cancer de la prostate métastatique résistant à la castration implique souvent l'os. Un traitement ciblé sur les métastases osseuses est dès lors devenu une composante classique de la stratégie thérapeutique globale. La désormais célèbre étude COUGAR (COU-AA-302) a démontré un bénéfice clinique global avec l'utilisation de l'abiraterone associé à la prednisone par rapport à la prednisone et un placebo, chez des patients présentant une forme métastasée de cancer de la prostate résistant à la castration qui sont asymptomatiques ou légèrement symptomatiques et n'ont pas reçu de chimiothérapie préalable. L'objectif de cette analyse 'post hoc' était d'évaluer, dans cette étude, les résultats d'un traitement concomitant ciblé sur les métastases osseuses.
Analyse 'post hoc'
Les résultats présentés ici correspondent à la troisième analyse intermédiaire qui avait été prévue après le décès de 45% des patients dans l'étude COUGAR. Pour cette analyse, les patients ont été subdivisés en sous-groupes en fonction de la prise ou non d'un traitement concomitant dirigé contre les métastases osseuses. Les principaux critères d'évaluation étaient la survie sans progression radiographique ainsi que la survie globale. La médiane de suivi pour la survie globale était de 27,1 mois.
Avantages cliniques évidents
Les auteurs notent que la nature post hoc de cette analyse est une limitation, mais que la supériorité de l'association d'abiraterone et de prednisone par rapport à un traitement à base uniquement de prednisone a été démontrée aussi bien chez les patients utilisant un traitement ciblé sur les métastases osseuses que chez ceux qui ne prenaient pas ce type de traitement. Comparé à l'absence de traitement ciblé sur les métastases osseuses, la prise concomitante d'un tel traitement a permis d'améliorer significativement la survie globale, avec une diminution de 25% du risque de décès chez les patients qui ont pris ce traitement, par rapport aux autres (HR=0.75 ; p=0.01). On note également une augmentation significative du délai avant une détérioration de l'état général (diminution de 20% du risque de détérioration du score ECOG, HR=0.80; p<0.001). Le délai avant l'utilisation d'opiacés pour la prise en charge de douleurs liées au cancer était également prolongé chez les patients qui ont bénéficié d'un traitement ciblé sur les métastases osseuses (p=0.036).
Pas de modification du profil de sécurité
Le profil de sécurité d'un traitement à base d'abiraterone/prednisone, combiné à un traitement ciblé sur les métastases osseuses s'est avéré assez comparable à celui qui est observé pour l'association abiraterone et prednisone dans la population globale en intention de traiter. On note cependant des cas d'ostéonécrose de la mâchoire (toutes de grade un ou deux) en cas d'utilisation concomitante d'un traitement ciblé sur les métastases osseuses. Il ne s'agit cependant là que de problèmes affectant moins de 3 % de l'ensemble des patients inclus.