Les hypoglycémies sévères et la dépression ont-elles un impact sur le pronostic ?
Les caractéristiques cliniques des diabétiques dépressifs sont suffisamment connues en Occident. Cependant, la prévalence du diabète de type 2 augmente également rapidement en Extrême-Orient, et les taux de suicides sont élevés. Quel est donc le lien entre la dépression et le diabète, dans cette région du monde ?
Cette étude a examiné la relation entre la sévérité des symptômes dépressifs et des caractéristiques cliniques telles que des épisodes d'hypoglycémies sévères chez des diabétiques de type 2 japonais.
Population de patients
Les patients étaient issus du Fukuoka Diabetes Registry, une étude multicentrique prospective évaluant l'influence de traitements modernes sur le pronostic des diabétiques. 4.218 patients ont été inclus dans cette étude transversale, à l'exception des diabétiques de type 1 et des patients traités par antidépresseurs ou antipsychotiques.
Pour l'évaluation des symptômes dépressifs, les investigateurs ont utilisé l'échelle CES-D (Center of Epidemiologic Studies Depression Scale), un score inférieur ou égal à 9 servant de valeur de référence.
Caractéristiques comparables
Les résultats indiquent que les caractéristiques cliniques des diabétiques de type 2 japonais dépressifs sont comparables à celles observées dans notre population occidentale : obésité, mauvaise hygiène de vie, mauvais contrôle glycémique et complications sérieuses du diabète.
Des hypoglycémies sévères étaient significativement corrélées à la sévérité des symptômes dépressifs après les corrections pour l'âge, le sexe, la durée d'évolution du diabète, le taux d'HbA1c, l'insulinothérapie, l'autocontrôle de la tension artérielle, la pratique récréative d'exercice physique, l'absence de petit-déjeuner, les troubles sensitifs dans les deux pieds, les cardiopathies ischémiques et les accidents vasculaires cérébraux. Les chiffres relatifs à 2.756 patients traités par sulfonylurées et/ou insuline montrent l'augmentation du risque d'hypoglycémies sévères en cas de symptômes dépressifs croissants : pour un score à la CES-D compris entre 10 et 15, l'OR atteint 1,64 ; pour un score à la CES-D compris entre 16 et 23, l'OR atteint 2,09, et il s'élève même à 3,66 pour un score à la CES-D ≥ 24 (p<0,01).
En bref
Bien que le mécanisme ne soit pas encore totalement élucidé, des éléments indiquent que des hypoglycémies sévères augmentent la morbi-mortalité des diabétiques de type 2. En outre, la dépression est corrélée à un mauvais contrôle glycémique et à une mauvaise hygiène de vie, ce qui contribue au développement de complications du diabète et à une augmentation de la mortalité. Dans ce contexte, la relation entre des hypoglycémies sévères et la dépression peut avoir un impact important sur le pronostic des patients souffrant de diabète de type 2.