Neuropathie diabétique induite par le traitement
La neuropathie diabétique douloureuse aiguë est une forme moins fréquente de neuropathie diabétique. Les auteurs décrivent quatre cas entre 2009 et 2012.
La neuropathie diabétique douloureuse aiguë peut survenir en cas de diabète de type 1 ou de type 2, plus précisément en cas de diminution rapide de glycémies élevées. Il serait donc plus correct de parler de neuropathie diabétique induite par le traitement.
Caractéristiques
La neuropathie diabétique douloureuse aiguë est une neuropathie des fibres minces, qui se produit paradoxalement peu après l'obtention d'un bon contrôle glycémique. La douleur est très intense, mais une guérison est possible.
Parmi les quatre cas décrits, on comptait trois hommes. L'âge moyen au début de la neuropathie était de 47,7 ans, et l'HbA1c était passée de 14,2 % à 7,0 % en l'espace de 4,5 mois.
Chez trois patients, les symptômes de neuropathie ont disparu au bout de 12,7 mois. Un patient a subi une biopsie du nerf péronier, qui a montré une perte de fibres épaisses myélinisées et de fibres non myélinisées.
Traitement
Le traitement de cette forme de neuropathie diabétique ne diffère pas de celui de la forme plus classique : un bon contrôle glycémique, des soins des pieds et un traitement pharmacologique. Parmi les médications spécifiques, citons les anticonvulsivants (prégabaline), les antidépresseurs (duloxétine) et les opioïdes. La neuropathie sensitive aiguë des fibres minces répond bien aux corticostéroïdes, mais ceux-ci peuvent compromettre le contrôle glycémique visé dans cette forme de neuropathie diabétique.
La recommandation préconisant de contrôler le taux d'HbA1c dans un délai de trois mois, sans tenir compte de la valeur absolue de l'HbA1c, majore le risque de neuropathie induite par le traitement chez un certain nombre de patients. Ce risque pourrait être réduit grâce à une adaptation de la vitesse optimale d'obtention du contrôle glycémique. Sur ce plan, la prise de conscience de l'existence de cette forme de neuropathie pourrait s'avérer bénéfique. De plus amples études sur les mécanismes sous-jacents des lésions nerveuses et de la douleur pourraient déboucher sur de nouvelles options thérapeutiques.