Traitement symptomatique de l'arthrose : Un anti-NGF comparé à un AINS
Le traitement symptomatique de l'arthrose de la hanche ou du genou est à base d'AINS et/ou de corticoïdes, voire même de SYSADOA comme l'acide hyaluronique avec un bénéfice chez un nombre limité de patients. Que peut un anticorps monoclonal dirigé contre le "nerve growth factor" face à un AINS?
Le tanézumab est un anticorps monoclonal dirigé contre le "nerve growth factor" (NGF), qu'il neutralise, empêchant l'activation des récepteurs TrkA et p75. Dans un essai clinique (Lane E. NEJM 2010) incluant 450 patients avec une arthrose du genou, il réduit significativement la douleur (p<0,001). Les critères OMERACT-OARSI sont de 74% à 93% sous tanézumab vs 44% sous placebo (p<0,001). Les taux d'effets secondaires sont comparables dans les 2 groupes. Ces résultats n'ont toutefois pas été reproduits, laissant un doute sur l'efficacité.
Aujourd'hui cet anticorps est réévalué dans 2 nouvelles études1 face à un AINS.
Une efficacité modérée
Les deux essais cliniques contrôlés randomisés comparent l'efficacité et la sécurité d'emploi du tanézumab versus le naproxène dans le traitement de l'arthrose de la hanche ou du genou. Ils ont inclus au total 1.668 patients qui ont reçu le tanézumab en IV 5 ou 10 mg versus placebo ou le naproxène 500 mg 2x/j. Les critères d'évaluation incluent le score de douleur WOMAC (Western Ontario and Mc Master University Osteoarthritis Index) dans son volet fonction physique et l'évaluation globale du patient à la semaine 16. Dans les deux études, le tanézumab réduit la douleur comparé au placebo (- 1,21 sous 5 mg versus -1,13 sous placebo, - 0,91 sous 10 mg versus -0,80 sous placebo) et améliore aussi les scores fonctionnels. La réduction de la douleur avec la dose de 10 mg n'est pas significative. Ce qui amène l'auteur à écrire que la dose de 10 mg n'est pas supérieure au naproxène. Mais par ailleurs, le tanézumab est associé à une incidence plus importante d'effets secondaires à type de paresthésies, hyperesthésies, hypoesthésies et sensations de brûlures, douleurs aux extrémités, oedème périphérique et arthralgies. On note toutefois que le nombre d'arrêts de traitement pour effets secondaires est similaire dans les trois groupes, tanézumab, placebo ou naproxène.
A considérer prudemment
La conclusion est que le tanézumab est un traitement de l'arthrose du genou ou de la hanche à considérer avec prudence, pour des patients insuffisamment soulagés par les AINS et en étant bien conscients des effets secondaires.