Dépression et anxiété: la poule et l'oeuf...
Dépression et anxiété ont une comorbidité intrinsèque, mais les grandes études estiment que leur association est rare. Des chercheurs danois ont voulu en avoir le coeur net...
Ils ont pour cela réalisé une étude rétrospective afin d'évaluer les effets de troubles anxieux sévères sur le risque et le décours d'une dépression. L'étude de cohorte s'est basée sur trois registres danois, le registre civil, le registre psychiatrique et le registre hospitalier. Les personnes sélectionnées sont nées entre 1955 et 2002 et ont été suivies entre 1994 et 2012. Ils ont restreint leurs cohortes aux patients avec des parents connus.
Les chercheurs danois ont ainsi pu recueillir les données de près de 1,38 million d'individus dans leur cohorte. Le taux d'incidence ajustée pour un épisode unique dépressif avec une anxiété est de 3 et de 5 pour les troubles récurrents chez les patients avec des troubles anxieux majeurs par rapport à la population générale.
Ils ont donc évalué en premier lieu les effets du diagnostic spécifique d'anxiété sur le risque d'un épisode unique de dépression et de troubles dépressifs récidivants. Ensuite, ils ont estimé les effets d'une comorbidité anxiété-dépression sur le risque de réadmission pour dépression, après ajustement pour l'âge, le sexe, l'âge des parents, le lieu de naissance et les interactions entre l'âge et le sexe. Par rapport aux individus contrôles, les enfants nés de parents avec un trouble anxieux multipliaient par 1,9 le risque d'un épisode unique de dépression et par 2,1 celui de dépression majeure récidivante. Enfin, ils ont découvert que la présence d'une comorbidité anxio-dépressive augmente le risque de réadmission.
L'anxiété sévère constitue donc un facteur de risque significatif pour la dépression. Selon les auteurs, en se focalisant uniquement sur les troubles anxieux, cela permettrait de mieux identifier les individus à risque de dépression et de leur offrir dès lors une meilleure prévention et/ou un meilleur traitement.