L'exposition au sperme aggraverait l'endométriose

Des chercheurs australiens ont découvert un facteur qui aggrave la dyspareunie (rapport sexuel douloureux), un symptôme de l'endométriose, maladie gynécologique qui atteint environ 1 femme sur 10 en âge de procréer dans nos populations et qui demeure assez mal comprise. Ce facteur, c'est l'exposition au liquide séminal, composant majeur du sperme, qui accroît la survie et la croissance des lésions d'endométriose.
Les auteurs ont d'abord prélevé des cellules à des femmes atteintes d'endométriose puis ils les ont greffées sur des souris souffrant de déficit immunitaire sévère. Enfin, ils ont exposé les rongeurs au liquide séminal riche en TGF-bêta-1 dont l'absence empêche la croissance des lésions de l'endomètre chez des souris génétiquement modifiées.
Deux semaines après l'exposition des cellules au liquide séminal, les souris ainsi traitées ont vu le volume de leurs lésions se multiplier par huit et leur masse par trois ou quatre. Cette croissance est associée à une prolifération des cellules épithéliales ainsi que des cellules stromales humaines. Le liquide séminal a également provoqué la production d'une variété de cytokines au sein du tissu et notamment des oncogènes régulant la croissance.
L'étape suivante consiste à vérifier si l'exposition répétée au fluide séminal, qui survient naturellement pendant le rapport sexuel, peut influencer la survenue d'une endométriose chez les femmes exposées et si une modification des pratiques sexuelles, comme le port d'un préservatif, peut réduire la sévérité de la maladie et se révéler salvatrice.