Obésité: IRF5 favorise la graisse abdominale et les complications métaboliques
Bientôt une thérapie génique contre les maladies associées à l'obésité ? Des chercheurs français, tchèques et anglais ont mis en évidence le rôle d'un facteur génétique appelé IRF5 (Interferon Regulatory Factor 5) dans l'apparition de l'inflammation chronique et des troubles métaboliques, entre autres le diabète de type 2, chez les personnes obèses. Désactiver l'expression de ce gène induit une réorganisation des graisses moins néfaste pour la santé.
Afin de démontrer le rôle prépondérant de l'IRF5, les scientifiques ont séparé une centaine de souris en deux groupes : un groupe contrôle et un groupe où le facteur de transcription était désactivé dans les macrophages des adipocytes. Ils ont ensuite soumis l'ensemble des souris à un régime riche en lipides, pendant 12 semaines.
Les résultats montrent que, contrairement au groupe contrôle exprimant IRF5, les souris qui en sont dépourvues ont développé une obésité gynoïde, dans laquelle l'excès de graisse se stocke en priorité dans le tissu adipeux sous-cutané, plutôt dans le bas du corps, ce qui protège les animaux de complications métaboliques. De plus, en l'absence d'IRF5, les souris accumulaient des macrophages sécrétant des molécules anti-inflammatoires et toléraient mieux l'insuline. Elles n'ont pas contracté de diabète, alors que leur régime alimentaire aurait dû induire cette maladie.
En plus d'expliquer pourquoi certains obèses restent en bonne santé, ces résultats, confirmés chez des patients en surpoids et obèses, ouvrent la voie d'une nouvelle piste thérapeutique.