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Ebola : des chercheurs auraient identifié le talon d'Achille du virus

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Des virologues américains ont identifié la protéine responsable de la propagation du virus Ebola dans le corps humain. S'ils parviennent à la bloquer, ils sont persuadés que nous deviendrons tous résistants au filovirus. Une lueur d'espoir dans la lutte contre la fièvre hémorragique qui a infecté plus de 27.000 personnes et qui a fait au total 11.120 morts officiellement répertoriés jusqu'en mai de cette année, principalement dans trois pays d'Afrique de l'Ouest (Guinée, Liberia et Sierra Leone).

Luc Ruidant - 1 juin 2015

Selon les scientifiques, il est impossible pour le virus d'infecter l'organisme et de se répliquer dans les cellules sans s'attacher à Niemann-Pick C1 (NPC1), une protéine transmembranaire qui se trouve dans des endosomes et des lysosomes, à l'intérieur des cellules immunitaires.

C'est en tout cas ce qui ressort des expériences menées sur différentes souris. En testant les effets du virus sur des souris porteuses d'une copie du gène NPC1, les chercheurs ont constaté que l'animal est en partie protégé contre le virus et qu'il développe de manière transitoire de hauts niveaux de virus. Sur des souris " knockout ", dépourvues de deux copies du gène NPC1 et donc incapables d'exprimer la protéine NPC1, l'animal est totalement résistant à l'infection. Par contre, les rongeurs " sauvages " (groupe test), qui n'ont pas été modifiés génétiquement, ont tous été infectés par le virus.
" Notre étude révèle que NPC1 est bel et bien le talon d'Achille d'Ebola ", explique l'un des auteurs, Kartik Chandran.

Auparavant, d'autres études menées sur des cultures tissulaires en laboratoire avaient permis d'observer qu'Ebola se servait bien de cette protéine afin de pénétrer dans le cytoplasme de la cellule hôte, c'est-à-dire la zone entre le noyau et la membrane qui est censée la protéger de toutes les attaques extérieures, et de s'y répliquer.

" Idéalement, de futures études chez les humains, basées sur ces résultats, aboutiront au développement d'antiviraux capables de cibler efficacement la protéine NPC1 ", poursuit Kartik Chandran, qui se veut optimiste pour la suite des travaux. " Cela permettrait d'empêcher l'infection par Ebola, mais aussi par d'autres filovirus comme Marburg, le cousin d'Ebola, qui sont très pathogènes et qui utilisent également NPC1 comme récepteur pour se multiplier. "

Seul problème, la protéine NPC1 ne permet pas uniquement le transport du virus. Chez l'Homme, elle est aussi nécessaire pour le transport du cholestérol jusqu'aux cellules. La lui retirer par un traitement serait donc périlleux.

Mais les chercheurs se veulent rassurants : le nouveau traitement qui bloquerait la protéine pour empêcher l'entrée du virus Ebola serait de courte durée. Donc, assurent-ils, sans danger pour les malades.

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