Traitement par bisphosphonates : quel risque de diabète de type 2 ?
Cette étude avait pour but de déterminer si le squelette humain contribue à la régulation de l'homéostasie du glucose. À cette fin, on a examiné l'effet d'un traitement par bisphosphonates sur le risque de développement d'un diabète de type 2.
L'étude, rétrospective (1995-2010), a inclus des patients issus de la banque de données Health Improvement Network au Royaume-Uni, qui reprend les patients provenant de la première ligne de soins. L'étude a inclus près de 36.000 sujets de plus de 60 ans, indemnes de diabète au moment de l'inclusion, traités par bisphosphonates depuis plus d'un an, et plus de 120.000 individus appariés (pour l'âge, le sexe, l'IMC, le type de pratique de médecine générale) ne prenant pas de bisphosphonates.
50 % de réduction
Chez les patients traités par bisphosphonates, le risque de diabète de type 2 était significativement plus faible que dans le groupe témoin apparié (rapport de risque 0,52 ; 0,48-0,56 ; p<0,0001). L'incidence est restée plus faible dans les différents sous-groupes, par rapport au groupe témoin : chez les hommes, le rapport de risque atteignait 0,77, contre 0,49 chez les femmes ; il était de 0,54 chez les patients obèses, et de 0,47 chez les patients traités par corticostéroïdes. Le type de bisphosphonate n'avait aucune influence sur l'incidence de diabète de type 2.
Durée du traitement
On a cependant noté une évolution sur le plan de l'incidence du diabète de type 2 en fonction de la durée du traitement par bisphosphonates. Les auteurs ont constaté une brève augmentation du risque au cours des 1 à 2,5 premières années du traitement, suivie par une diminution progressive et constante en fonction du nombre cumulatif d'années de traitement.