Démence : l'herbe est-elle à la hauteur ?
L'usage médical du cannabis se répand de plus en plus. Des chercheurs néerlandais ont voulu savoir si le tétrahydrocannabinol (THC) permet d'améliorer la symptomatologie neuropsychiatrique liée à la démence.
Il s'agit d'une étude clinique tout à fait classique, randomisée en double aveugle contre placebo, réalisée par l'université de Nijmegen. Les 50 patients ont donc été randomisés et 24 ont reçu le THC (1,5 mg) trois fois par jour pendant 3 semaines. L'objectif primaire était d'observer les changements de scores dans l'Inventaire Neuropsychiatrique (Neuropsychiatric Inventory, NPI) ayant pour objet de recueillir les informations concernant la présence de troubles du comportement. L'évaluation a eu lieu au départ, puis aux semaines 2 et 3. Les chercheurs ont également utilisé d'autres échelles mesurant l'agitation ou la qualité de vie, par exemple.
L'amélioration a été constatée dans les deux groupes. Cependant, les résultats ne montrent pas de différences significatives entre les deux groupes : ni en ce qui concerne le NPI, ni l'agitation, ni la qualité de vie, ni les activités journalières... L'amélioration des scores sous placebo est explicable de différentes manières, selon les auteurs, comme l'attention du personnel, etc.
Les effets secondaires sont néanmoins restés très légers à modérés. C'est ce qui fait dire aux chercheurs que la dose optimale de THC n'a peut-être pas été atteinte. Il faudrait donc réaliser des études plus approfondies sur des doses plus élevées. L'année dernière, un article de revue de la littérature concluait aussi que les cannabinoïdes et le THC en particulier pouvaient limiter la mémoire à court terme et provoquer des troubles de l'attention, notamment. Cependant, le contexte d'un usage récréatif du cannabis diffère complètement de celui d'un usage par des personnes atteintes de démence. C'est pourquoi ils encourageaient à mener des recherches dans ce sens.