TOC : quelle place pour les médicaments ?
La prise en charge des troubles obsessionnels compulsifs peut être très complexe. L'apport de la pharmacopée aux prises en charge par thérapie comportementale est intéressant dans bien des cas. Une équipe suédoise a testé la d-cyclosérine (DCS).
Il s'agit d'un agoniste partiel du NMDA qui agit en réduisant le sentiment de peur. C'est pourquoi certains auteurs ont suggéré qu'il pourrait être utile comme adjuvant aux thérapies d'exposition, mais aussi dans les TOC. Toutefois, cela n'a jamais été démontré pour cette dernière pathologie. Des chercheurs de Stockholm ont mené une étude clinique en double aveugle pendant 12 semaines avec 3 mois de suivi entre septembre 2012 et septembre 2013.
Ils ont inclus 128 patients adultes ambulatoires présentent un TOC et un score Y-BOCS égal ou supérieur à 16. Les patients pouvaient recevoir un traitement antidépresseur concomitant, si la dose était stable pendant au moins 2 mois avant l'inclusion dans l'étude et restait inchangée durant celle-ci.
Tous les participants ont bénéficié d'une thérapie comportementale CBT pendant 12 semaines et ont reçu après randomisation, soit le DCS (50 mg), soit le placebo administré avant chaque intervention CBT. Les chercheurs ont évalué l'évolution du score Y-BOCS à 12 semaines et après 3 mois de suivi. La rémission a été définie comme un score Y-BOCS inférieur ou égal à 12.
Dans la population ITT, le DCS n'a pas permis d'augmenter les effets de la CBT comparativement au placebo ni à la semaine 12 du traitement, ni 3 mois après celui-ci. En revanche, il y a eu une interaction importante entre le traitement par DCS et le traitement par antidépresseur. L'analyse post-hoc a montré, en effet, que les antidépresseurs altèrent nettement la réponse au DCS avec une augmentation du Y-BOCS. Cet effet n'a pas été ressenti dans le groupe placebo. Toutefois, les patients sous DCS seul sans antidépresseur améliorent leur score par rapport aux patients sous antidépresseur.
Cela suggère donc que les antidépresseurs ont une action négative chez les patients TOC. L'utilisation de DCS est dès lors prometteuse chez les patients TOC, mais sans y adjoindre d'antidépresseurs...