Syndrome d'apnées obstructives du sommeil et fibrillation auriculaire
Le syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS) frappe avec prédilection les sujets obèses et compte tenu des niveaux d'obésité atteints de nos jours, cela rend difficile la démonstration que ce syndrome peut aussi être un facteur de risque indépendant de manifestations déjà connues pour être associées à l'obésité.
Tel est le cas de la fibrillation auriculaire (FA) pour laquelle nous manquions de données issues de larges cohortes de patients suivis suffisamment longtemps.
L'incertitude est levée grâce à des Australiens qui ont retracé le parcours de près de 7.000 sujets ayant eu une polysomnographie entre 1989 et 2001 et ont recherché les hospitalisations pour fibrillation auriculaire de ces sujets jusqu'en 2009.
Dans le cadre d'un suivi médian de 11,9 ans, les investigateurs ont repéré 455 sujets ayant développé une FA et l'analyse multivariée montre que plusieurs paramètres spécifiques du SAOS permettent de prédire la survenue ultérieure d'une fibrillation auriculaire, en l'occurrence un index d'apnées/hypopnées > 5/h et une durée prolongée de saturation en oxygène < 90%, mais il n'y a en revanche pas d'interaction entre l'index d'apnées/hypopnées et l'indice de masse corporelle.
Ces données confirment donc que le diagnostic et la sévérité du SAOS sont associés de façon indépendante à la probabilité de survenue d'une FA. Reste maintenant à démontrer que le traitement du SAOS modifie ce risque.