Réentrainement à l'effort des BPCO, endurance ou résistance?
Le débat agite les esprits depuis longtemps, même si dans la vraie vie les programmes de réhabilitation respiratoire ont choisi de ne pas trancher et offrent souvent un mélange des deux approches.
Le réentraînement à l'effort est la composante principale de la réhabilitation respiratoire et classiquement c'est l'endurance qui est privilégiée car il a été démontré que les exercices de ce type amélioraient la tolérance à l'effort et la qualité de vie en relation avec la santé. La dyspnée s'avère cependant souvent être un facteur limitant, ce qui est moins souvent le cas avec l'entrainement en résistance.
L'objectif de la revue systématique de la littérature effectuée par une équipe danoise était d'évaluer les avantages et les inconvénients du réentrainement en résistance par rapport à l'endurance afin de formuler des recommandations d'utilisation chez les patients BPCO reposant sur des preuves fiables. Les principaux critères évalués étaient le retentissement sur la qualité de vie en relation avec la santé, et sur les activités de la vie courante, les effets sur la dyspnée et la mortalité et les éventuels dommages possibles. Ont également été analysés, l'impact sur la distance de marche, la masse et la force musculaire ainsi que la tolérance à l'effort.
L'analyse de la littérature n'a cependant permis de retrouver que 8 essais randomisés contrôlés regroupant 328 patients, dont les investigateurs soulignent la qualité relativement médiocre.
Sur cette base, ils déclarent toutefois qu'il ne semble pas y avoir de différence clinique importante entre le réentrainement en endurance et en résistance, les deux semblant donner les mêmes bénéfices sur les deux premiers critères principaux. Ils recommandent donc que le réentrainement en résistance soit envisagé dans les programmes de réhabilitation respiratoire en fonction des préférences des patients.
A noter que l'insuffisance de résultats n'a pas permis de statuer sur la mortalité, la dyspnée et les dommages possibles.
Pour une fois, on ne peut clairement qu'être d'accord avec le traditionnel " d'autres études sont nécessaires... " , en précisant qu'il faudrait qu'elles soient de bonne qualité.