Arthroscopie de l'épaule: le risque infectieux est difficile à gérer
L'infection superficielle ou profonde est toujours redoutée car elle nécessite le plus souvent une seconde intervention et un traitement antibiotique. Elle justifie la préparation cutanée préopératoire et les mesures d'aseptie propres à toute intervention chirurgicale, mais parfois les choses se compliquent...
L'arthroscopie de l'épaule est reconnue comme à moindre risque d'infection en raison des abords étroits. Mais ce n'est pas nécessairement vrai dans le cas d'infections mineures. Dans une récente étude, Propionibacterium Acnes a été détecté dans 36% des cas en dépit de mesures prophylactiques préventives. Ce qui amène l'auteur à écrire que les moyens actuels de prévention sont insuffisants, d'autant que les germes sont souvent disséminés. Il semble aussi que tous les patients ne soient pas vulnérables à ces germes de la même façon: certains développant une infection, d'autres pas.
P. acnes et douleurs lombaires
La responsabilité de P. Acnes semble en tout cas engagée dans la douleur lombaire chronique comme le montre cette étude1 randomisée, contrôlée en double aveugle versus placebo. Chez des patients avec des douleurs lombaires chroniques, une antibiothérapie d'une durée de 100 jours a entraîné une résolution des douleurs, comparé au groupe placebo. Le germe a été isolé dans des échantillons de tissus provenant des disques intervertébraux. L'espèce retrouvée dans le rachis n'était pas celle retrouvée dans les autres tissus. La seule solution prophylactique semble être une désinfection cutanée méticuleuse à base d'isobetadine, un changement fréquent de gants et des champs chirurgicaux et un système de purification de l'air suffisamment puissant. Avec toutes ces mesures, le taux d'infections chute d'environ 50%. Certains patients semblent aussi plus à risque que d'autres, notamment les patients de sexe masculin, fumeurs, jeunes, ou avec une glycémie élevée ou une arthrose.