Agir sur les cellules
La présence d'un syndrome de Down ou de l'X fragile est connue pour augmenter l'expression de la " molécule d'adhésion du Syndrome de Down ". Or il semble bien qu'il soit possible de corriger pharmacologiquement ce surplus...
Des chercheurs de l'université de Michigan ont effectivement mis au point un modèle pouvant servir de base pour la mise au point de médicaments en agissant sur la kinase Abelson (Abl). Ils ont réalisé leur étude sur un modèle animal utilisant la drosophile et validé pour reproduire les effets du syndrome de l'X fragile.
Or il s'avère qu'Abl est une cible pour des médicaments qui sont déjà développés pour lutter contre la leucémie myéloïde chronique. Plusieurs médicaments sont disponibles, mais ils ont utilisé dans un premier temps le nilotinib et dans un second, le bafetinib, des inhibiteurs de la tyrosine kinase. Ces molécules sont suffisamment petites que pour passer sans problème la barrière hémato-encéphalique.
Une des expériences menées concerne l'expression directe de DScam. En cas de surproduction, les terminaisons neuronales sont beaucoup plus grosses et peuvent même gagner 50% en volume. Après traitement par l'un des médicaments, l'augmentation du volume n'a été que de 15%, et l'adjonction du médicament ne semble pas avoir provoqué de troubles neurologiques. Dans une autre expérience utilisant un modèle de l'X fragile, les terminaisons présynaptiques apparaissaient 3 fois plus longues que la normale, mais les mouches ayant été traitées ne connaissent une augmentation que de 3% par rapport au groupe contrôle.
Même si le modèle utilisant le diptère est très proche de ce que l'on peut observer chez l'homme, il n'est pas encore question d'utiliser ces médicaments pour traiter des patients. Il faudra tout d'abord déterminer les doses, et si le traitement est efficace et sûr d'emploi. C'est pourquoi les chercheurs réclament des collaborations étroites avec d'autres spécialités, comme l'oncologie par exemple...