Parkinson : le mécanisme de la maladie enfin élucidé !
Des scientifiques de la KU Leuven, de l'Université d'Anvers et du CNRS français sont parvenus à identifier la configuration responsable de la maladie de Parkinson, à ce jour incurable. (1)
En cause, l'alpha-synucléide, une macromolécule présente dans les cellules nerveuses et essentielle au bon fonctionnement des synapses, c'est-à-dire à la communication entre les neurones. Lorsque sa forme est fonctionnelle, elle ne présente pas de danger pour le cerveau. Mais il existe des formes dites non-fonctionnelles qui peuvent être toxiques et qui ont la capacité de s'agréger de manière infinie, sous formes de fibres. On retrouve ces agrégats anormaux, appelés corps de Lewy, dans plusieurs maladies, entre autres celle de Parkinson.
En 2013, le Pr Ronald Melki et son équipe du CNRS avaient réussi à isoler cinq types de structures différentes de cette molécule, plus ou moins dévastatrices pour le cerveau, et à identifier deux formes spécifiques, l'une ressemblant à des pâtes larges comme des " linguines " et l'autre à des pâtes cylindriques pleines comme les spaghettis. Ils avaient alors formulé l'hypothèse que ces deux formes correspondaient à deux maladies bien distinctes. (2)
Une hypothèse que viennent de confirmer sur des rongeurs le Pr Veerle Baekelandt et ses collaborateurs à la KUL. En injectant séparément ces deux sortes de fibres dans le cerveau et le sang de rats, ils ont constaté que les " liguines " provoquaient la maladie de Parkinson et les spaghettis l'atrophie multi-systématisée, un autre type de démence plus rare. Autre constat : les agrégats qui circulent dans le sang franchissent la barrière hématoencéphalique et se développent le long des axones des neurones.
Reste à vérifier si ces conclusions sont transposables sur les êtres humains. Quoiqu'il en soit, il s'agit d'une avancée majeure qui ouvre la voie à un meilleur dépistage, au développement d'anticorps permettant d'empêcher ou de ralentir la formation et la propagation des agrégats et à la mise au point de traitements curatifs.