Fumer de l'héroïne n'est pas du tout une bonne idée
Les nombreuses possibilités d'usage de drogues illicites de type opium et dérivés n'ont pas seulement la dépendance comme effet secondaire indésirable. Lorsque la voie d'introduction est aérienne, les poumons peuvent en pâtir.
La possibilité de développement d'une atteinte pulmonaire est d'autant plus intéressante à connaître que de plus en plus de sujets fument de l'héroïne, pensant probablement que cette voie d'introduction est moins dommageable que l'usage IV.
Une équipe de Liverpool atteste des dangers de l'exposition à l'héroïne de cette façon en présentant les données de 73 sujets fumeurs d'héroïne ayant développé une BPCO dûment confirmée par spirométrie dont les premiers symptômes se sont manifestés avant l'âge de 40 ans.
En moyenne, ces sujets étaient âgés de 41 ans, ils fumaient de l'héroïne depuis 14 ans et leur VEMS était de 1,08 l soit 31, 5% de la valeur prédite et le rapport de Tiffenau (VEMS/CV) était de 0,4. Aucun de ces sujets ne présentait de déficience sévère en alpha-1-antitrypsine.
Les investigateurs disposaient d'un CT-scan haute résolution pour 32 de ces sujets qui montraient un score d'emphysème moyen de 2,3 attestant d'une proportion d'emphysème allant de 5 à 25 % selon la localisation et 47% présentaient un score ≥ 3 pour les lobes supérieurs indiquant un pourcentage d'emphysème allant de 25 à 50%. Mesurée chez 12 sujets, la capacité de diffusion pulmonaire (DLCO) était de 48% de la valeur prédite.
Les investigateurs espèrent que la connaissance de cette apparition précoce d'une BPCO phénotypiquement emphysémateuse permettra de mettre en place une éducation et un dépistage ciblés de la population à risque.