La relève est assurée
Deux choses marquantes dans l'édition " jeunes médecins " du Journal du médecin paru vendredi. Premièrement, qu'est-ce qu'un jeune médecin ? Un animal social foncièrement différent des autres jeunes ayant étudié l'économie, la politique ou la biologie ? Il faut entendre par jeune médecin un docteur fraîchement diplômé qui entame ses stages afin de poursuivre dans la voie de la médecine générale ou de l'une ou l'autre spécialisation. Un jeune diplômé qui entre dans la période transitoire de l'assistanat, encadré par un maître de stage. Bonjour les obligations administratives et juridiques, et demain les gardes qui se succèdent et les heures qui ne se comptent plus. Heureusement, le Journal du médecin est là pour s'évader. Un peu.
Deuxièmement, la formule en elle-même du journal. Une sorte de fusion entre le Frankfurter Allgemeine Zeitung et le Club Mickey pour adulte. Aucune photo, mais des cartoons. De quoi déstabiliser un public jeune, justement habitué à l'information par l'image. " Le poids des mots, le choc des photos ", disait la devise du magazine Paris Match. C'est que l'image est l'élément de l'article qui accroche le lecteur. C'est dire si le pari est risqué de proposer des cartoons souvent sans rapport avec les articles. C'est aussi dire que l'équipe rédactionnelle a confiance en la plus-value des articles proposés hebdomadairement à un public de connaisseurs.
Au programme, il y a donc de quoi attirer le nouveau lecteur avec un dossier " jeunes médecins " utile aux médecins en devenir avides de connaître la marche à suivre au sortir des études pour exercer la profession. Des études à la pension, en passant par l'installation, les fonds Impulseo pour s'installer en zones de pénurie : tout y est.
Enfin, un calcul rapide permet de comprendre que la génération de médecins qui aura la chance d'obtenir un numéro Inami en 2015 a commencé ses études avec la crise de 2008. Difficile de tirer des conclusions, mais des questions tout de même. Quelle sera l'approche socio-économique de la médecine dans la tête des jeunes médecins ? Quelle place occupera le patient dans la tête des futurs médecins à qui on a martelé les concepts de l'empowerment, alias l'autonomie du patient, alias le patient-partenaire ?