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Arthrose, surpoids et inflammation : Le triangle infernal

Dans l'arthrose, la tendance actuelle est à l'identification des facteurs de risque dans une stratégie de prévention même si on sait que la dégradation du cartilage est quasiment inéluctable. L'objectif est de freiner l'évolution et de retarder autant que possible un éventuel geste chirurgical.

22 juin 2015

Il existe aujourd'hui des données sur la relation entre la progression de l'arthrose, le surpoids, l'hypertension, la dyslipidémie et une intolérance au glucose. L'idée qui prévaut est que toutes ces maladies ont un dénominateur commun, une forme de mécanisme pathophysiologique partagé. Des études antérieures ont déjà montré que la perte de poids amène une diminution des taux d'adipokines et de cytokines pro-inflammatoires. Dans cet ordre d'idée, les auteurs ont émis l'hypothèse que la visfatine pourrait être un chaînon entre le poids, l'inflammation et l'arthrose du fait que cette adipokine est impliquée dans le processus de dégradation du cartilage et du développement de l'inflammation par la stimulation de la synthèse d'IL-6, IL-8, de "Tumor Necrosis Factor" et de métalloprotéinases 1 et 3. L'objectif de l'étude est de voir si la perte de poids chez des patients arthrosiques réduit la concentration de visfatine et la sévérité de l'inflammation.

La visfatine: un acteur central
L'étude1 a inclus 80 patients arthrosiques âgés de 36 à 78 ans avec un BMI de 25 à 30 kg/m². Le taux de visfatine est déterminé par enzyme immuno-essai à 3 mois d'intervalle. Tous les patients sont sous régime hypocalorique avec un faible contenu en graisses animales, associé à de l'exercice quotidien. Deux groupes de patients sont constitués, le premier qui a pu réduire son poids corporel de 5kg ou plus, le second sans réduction de poids corporel ou une réduction <5 kg. Les patients du premier groupe voient diminuer leur taux de visfatine, leur glycémie, les lipoprotéines de haute densité et la pression sanguine systolique. A cela s'ajoute une amélioration significative de la douleur sur l'échelle VAS, une amélioration des scores de Lequesne et WOMAC et une diminution du taux de CRP. Pour les auteurs, les effets induits par la perte de poids plus la réduction de la CRP et de la glycémie, plaident pour un lien entre la visfatine, un métabolisme perturbé et un surpoids dans l'arthrose.

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