Polyarthrite rhumatoïde : Le danger est dans les comorbidités ...
Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde est une chose, le traitement des comorbidités en est une autre. Le vrai danger vient des risques de complications infectieuses ou cardiovasculaires. Un focus sur ces patients avec une PR précoce qui sont déjà à risque de problèmes cardiaques.
De nombreuses études antérieures ont démontré que la polyarthrite rhumatoïde (PR) est associée à un sur-risque de mortalité de l'ordre de 30%. Ce chiffre peut s'expliquer par la coexistence d'une série de comorbidités, dont majoritairement les comorbidités cardiovasculaires. Les patients avec une PR ont un risque majoré de dysfonctions ventriculaires gauches et de mortalité, comparé à la population générale. Cette étude1 est la première à utiliser l'imagerie par résonance magnétique pour identifier des modifications de la fonction myocardique et vasculaire chez ces patients.
La surprise dans la PR précoce
Des patients sans traitement ont déjà en stade précoce de leur PR, des anomalies myocardiques et vasculaires. C'est ce que montre cette nouvelle étude qui a inclus 66 patients naïfs de tout traitement, avec une PR précoce diagnostiquée sur base des critères ACR/EULAR, et sans antécédents de maladies cardiovasculaires. Les symptômes de PR sont présents depuis moins d'un an, avec un DAS28 de 3,2. Les valeurs médianes de la VS, de la CRP et du DAS28 sont respectivement de 39,5 mm/h, 18,9 mg / L et 5,65. L'étude inclut également 30 sujets contrôles sains appariés pour l'âge, le sexe et la pression artérielle. L'IRM montre notamment que les volumes systoliques et diastoliques pour les ventricules gauches et droits sont significativement réduits dans le groupe de patients avec une PR comparés à des sujets contrôles (p = 0,001). La distension aortique est significativement abaissée alors que l'index de rigidité est significativement augmenté dans le groupe ave PR.
Une cardiomyopathie précoce
Pour les auteurs, ces données et d'autres suggèrent qu'on se trouve en présence d'une cardiomyopathie précoce chez ces patients ce qui implique un risque élevé de morbi-mortalité cardiovasculaire. Il faut maintenant voir quelles sont les implications cliniques et réfléchir à la façon d'améliorer le pronostic de ces patients.