Ocytocine : un nouveau venu ?
L'ocytocine est un neuropeptide bien connu pour sa fonction prosociale et son importance au moment de la naissance d'un enfant. Par ailleurs, il s'avère qu'il possède aussi une action anxiolytique très importante d'où l'intérêt des chercheurs pour cette molécule et son usage en clinique dans le stress post-traumatique, l'autisme ou la schizophrénie par exemple.
Deux spécialistes allemands ont écrit un article de revue complète sur les connaissances actuelles concernant l'ocytocine. Il est accessible totalement gratuitement, sans inscription préalable.
Il apparait que, tant dans les études sur modèles animaux que chez l'homme, la présence de stimuli stressants ou anxiogéniques active le système de l'ocytocine en augmentant l'activité des neurones exprimant la molécule et accroit le taux d'ocytocine dans le sang. Il s'agit d'une observation importante pour les chercheurs, car la mesure de l'ocytocine périphérique peut constituer un marqueur de l'activité ocytocique, au moins partiellement. On a découvert également que l'ocytocine jouait un rôle essentiel lors de l'acquisition et de l'extinction de la peur avec un effet spatio-temporel dépendant.
Le rôle prosocial de l'ocytocine a, lui aussi, été largement étudié. Cependant, dans les études menées par les auteurs, ils ont pu conditionner des rats à développer une aversion sociale induisant un désinvestissement de la part des animaux pour leurs congénères. Cela perdure pour au moins deux semaines après le conditionnement, mais il est possible d'inverser ce comportement par un déconditionnement par stimulation sociale sans punition. La phobie sociale pourrait être associée à un profond changement du système ocytocine dans le cerveau. Ils ont également découvert que les altérations du récepteur à l'ocytocine peuvent s'inverser après la disparition de la phobie sociale. La relation entre le trouble d'anxiété sociale, chez l'homme, et le taux plasmatique d'ocytocine n'a pas été prouvée de manière certaine. Toutefois, l'administration intranasale d'ocytocine seule ou en combinaison avec une thérapie d'exposition donne des résultats généralement positifs.
Néanmoins, estiment les auteurs, avant que l'ocytocine puisse être considérée comme étant d'emploi sûr, des études complémentaires sur l'animal et l'homme seront encore nécessaires. De plus, il serait utile de définir des marqueurs biologiques afin de distinguer les répondeurs des non-répondeurs afin d'éviter d'éventuels effets secondaires chez ces derniers...