Autisme: faire attention aux sur-répondeurs...
La moitié des personnes souffrant d'un trouble du spectre autistique ou d'autisme présentent une réponse négative exagérée aux stimuli sensoriels. Toutefois, on connait encore mal les bases neurobiologiques de ce signe et peu de traitements s'avèrent réellement actifs.
L'une des questions qui se posent est de savoir s'il s'agit d'un seuil de sensibilité initial trop bas ou d'un déficit de régulation de la réaction aux stimuli. Répondre à cette question permettrait d'envisager différents types d'intervention.
C'est pourquoi des chercheurs étasuniens ont voulu déterminer les différentes réponses cérébrales, d'accoutumance et de connectivité durant une exposition à des stimuli modérés chez des jeunes souffrant de troubles autistiques avec hypersensibilité (n=19) par rapport à d'autres patients autistes sans hypersensibilité (n=19) ainsi qu'à un groupe contrôle.
Ils ont mené une étude en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. Les patients étaient âgés de 9 à 17 ans. L'activité cérébrale a été mise en relation avec le témoignage des parents concernant l'hypersensibilité de leur enfant. La connectivité fonctionnelle entre l'amygdale et le cortex orbitofrontal a été comparée entre les sous-groupes de patients.
Classiquement, la majorité des patients étaient de sexe masculin. Par rapport aux patients sans trouble du spectre autistique, les personnes autistes ont montré une plus grande activation des zones corticales sensorielles et de l'amygdale. Cette hyperactivité a aussi été corrélée avec la présence d'une hypersensibilité sensorielle, même après avoir contrôlé les données pour l'anxiété. Les patients autistes avec hypersensibilité présentaient une diminution des phénomènes d'accoutumance aux stimuli aussi bien au niveau du cortex sensoriel que de l'amygdale. Les jeunes autistes sans hypersensibilité présentaient, quant à eux, une diminution de la connectivité entre l'amygdale et le cortex orbitofrontal.
Les auteurs concluent que cette hypersensibilité est due à un excès de réponses du système limbique sensoriel, notamment au niveau tactile et auditif. Cette hyperréactivité aux stimuli est donc causée vraisemblablement par un manque d'accoutumance à ceux-ci. De plus, les auteurs suggèrent, d'après leur étude, qu'il existe un sous-groupe de patients présentant une diminution de l'activité amygdalienne. Ceci devrait permettre de mettre en oeuvre des prises en charge spécifiques pour minimiser l'exposition de ces enfants aux stimuli multiples et de créer des stratégies pour réguler leurs réponses à ceux-ci.