L'alpha 1-antitrypsine chez de - nouveaux - jeunes diabétiques de type 1
Des études récentes ont démontré que l'alpha 1-antitrypsine peut diminuer les marqueurs pro-inflammatoires et protéger les îlots de Langerhans pancréatiques contre les réponses auto-immunes. Mais quelle est la sécurité de cet inhibiteur de la protéase chez des enfants chez qui un diagnostic de diabète de type 1 a été posé récemment ?
Cette question a été examinée dans une étude ouverte, interventionnelle, de phase I/II, d'une durée de 37 semaines, auprès de 24 enfants (12 garçons, âge 12,9 ± 2,4 ans). Les participants ont reçu 18 perfusions de trois doses différentes d'alpha 1-antitrypsine (40, 60 ou 80 mg/kg/dose).
Meilleur contrôle de la glycémie
En premier lieu, on a évalué la sécurité et la tolérance, mais l'analyse portait également sur le contrôle glycémique, le C-peptide (une mesure de la sécrétion endogène d'insuline) et les taux d'anticorps. Les répondeurs potentiels étaient définis comme les enfants présentant une diminution du pic de C-peptide inférieure à 7,5 % en dessous de la valeur initiale.
On n'a pas rapporté d'effets indésirables sévères, d'acidocétose diabétique ni d'épisodes sévères d'hypoglycémies. Les effets indésirables étaient dose-dépendants.
En revanche, le contrôle de la glycémie s'est amélioré dans tous les groupes, indépendamment de la dose. Ainsi, le taux d'HbA1c est passé en moyenne de 8,43 à 7,09 % (p<0,001).
Un tiers de répondeurs
Au bout des 37 semaines, le pic de C-peptide était ≥ 0,2 pmol/ml chez 75 % des participants. Huit patients (soit 33,3 %) ont été identifiés comme des répondeurs potentiels : leur diabète de type 1 évoluait depuis moins longtemps, avant d'avoir été diagnostiqué (54,5 ± 34,3 jours versus 95,9 ± 45,7 jours ; p=0,036), et ils présentaient une diminution plus importante du taux d'HbA1c pendant l'étude (-2,94 ± 1,55 % versus -0,95 ± 1,83 % ; p=0,016).
L'administration d'alpha 1-antitrypsine semble donc sûre et bien tolérée chez les enfants dont le diabète de type 1 avait été révélé récemment. Il va de soi que, pour établir son efficacité sur le plan de la préservation de la réserve de cellules bêta pancréatiques et du contrôle de la glycémie, il faudra effectuer des comparaisons par rapport au placebo dans des études portant sur un plus grand nombre d'enfants.