Traitement de la gonarthrose : Tai Chi versus physiothérapie
Cette gymnastique ancestrale populaire en Chine est-elle efficace pour diminuer les douleurs dans la gonarthrose? La réponse dans cette comparaison avec une physiothérapie standard avec pour critères une série de scores dont le WOMAC, le Patient Global Assessment et le SF-36 dans sa composante physique.
Le Tai Chi est cette gymnastique ancestrale populaire en Chine qui intègre une approche par le corps mais également par l'esprit pour améliorer la fonction musculaire, l'équilibre et la souplesse. Des études antérieures ont montré qu'une pratique régulière tend à diminuer la douleur, la fatigue et les raideurs articulaires chez des patients arthrosiques comparé à un traitement médical conventionnel. Cette étude1 est la première randomisée qui compare la méthode Tai Chi à une physiothérapie standard chez des patients présentant une arthrose symptomatique et radiographique.
Un avantage au Tai Chi
Un total de 204 patients adultes d'âge > 40 ans (BMI moyen: 33kg/m², 70% de femmes, 53% d'hommes) avec un diagnostic de gonarthrose (durée moyenne de la maladie 8 ans), sur base des critères ACR, ont été inclus et randomisés1 pour suivre des séances de Tai Chi pendant 12 semaines (2x/semaine), ou une physiothérapie standard 2x/semaine pendant 6 semaines, suivies par 6 nouvelles semaines d'exercices encadrés rigoureux. Le critère primaire est la modification de la douleur mesurée par l'échelle WOMAC à 12 semaines. Les critères secondaires incluent entre autres, un test de marche en 6 minutes, la qualité de vie, etc. A 12 semaines, on observe que le score de douleur WOMAC diminue de 167 points dans le groupe Tai Chi versus 143 points dans le groupe physiothérapie. Les symptômes douloureux s'améliorent de la même façon dans les 2 groupes selon le score WOMAC (p = 0,16). Les autres scores (Patient Global Assessment, test de 6 et de 20 minutes de marche, score de dépression, SF-36 ...) s'améliorent aussi dans les 2 groupes sans différence significative à 12 semaines entre les groupes mais l'amélioration est significativement meilleure dans le groupe Tai Chi pour la composante physique du SF-36 et le score de dépression (p < 0,01). Pour les auteurs, le Tai Chi est globalement aussi effectif qu'une physiothérapie classique dans la réduction de la douleur et l'amélioration des capacités fonctionnelles du patient avec une gonarthrose, et ce avec un profil de sécurité comparable.