Quelle est l'utilité des anticorps anti-peptides citrullinés et du facteur rhumatoïde ?
Les anticorps anti-peptides citrullinés et le facteur rhumatoïde sont fréquemment demandés pour confirmer un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde (PR). Ces deux marqueurs ne sont cependant pas spécifiques de la PR et leur valeur prédictive varie selon les patients. La demande émane le plus souvent de non-rhumatologues. Est-elle fondée sur base des valeurs prédictives négatives et positives?
L'objectif de cette étude1 est d'évaluer les valeurs prédictives négatives et positives (NPV, PPV) du facteur rhumatoïde (FR) et des anticorps anti-peptides citrullinés (APC) dans une population de patients qui ont consulté entre 2006 et 2012 dans cet hôpital général viennois. Plus de 45.000 tests ont été réalisés chez 5.496 patients. En tout, 21% ont un FR+, 3% ont des ACP+ et 22% sont FR+ et ACP+. Pour 2.250 patients (41% de tous les patients chez lesquels les tests ont été effectués), la demande n'émanait pas du département de rhumatologie mais d'un département d'infectiologie (32,5%), d'angiologie (11,1%), d'orthopédie (8%), de néphrologie (8%) et de dermatologie (7%). Seulement 1.572 sur 2.250 patients ont un diagnostic de PR dûment documenté. Sur les 2.250 patients, 6% sont FR+, 3,2% ACP+ et 1,4% FR+ ACP+. Les valeurs PPV et NPV pour la présence de maladies musculo-squelettiques sont respectivement de 22,4% et 89,9% pour le FR et 26,4% et 88,8% pour les ACP. Cependant en présence d'une maladie inflammatoire chronique, la PPV est seulement de 11,9% pour le FR, 16,7% pour les ACP et la NPV respectivement de 95,3 et 95,2%.
Peu contributif 8x/10
Ces deux tests sont fréquemment demandés par des non-rhumatologues. Ils ont une NPV élevée mais une très basse PPV, signifiant en cela que plus de 83% des tests positifs ne contribuent pas au diagnostic de maladies inflammatoires musculo-squelettiques. Cette donnée souligne l'importance de demander ces dosages seulement dans un contexte clinique approprié.