Un suivi du risque de cancer et du risque infectieux
L'étude est belge et avait pour objectif d'évaluer la sécurité d'emploi et les effets secondaires incluant les infections sévères et les cancers, de traitements par agents biologiques ou DMARDs chez des patients avec une polyarthrite rhumatoïde (PR).
Le recours aux agents biologiques tels que les anti-TNF s'opère généralement pour améliorer le pronostic des patients qui ne répondent pas de façon adéquate aux DMARDs. Cette option permet dans un certain nombre de cas d'atteindre la rémission, mais elle n'est pas sans risques. Deux complications majeures sont préoccupantes, le risque infectieux et le risque de cancers, pour la classe des agents biologiques (anti-TNF ...) et dans une moindre mesure pour celle des DMARDs. L'étude1 a inclus 1.143 patients (âge moyen: 50,3 ans, 74% de femmes, 75% traités par corticostéroïdes, 7% avec un diabète) traités et suivis aux Cliniques Universitaires St Luc, dont les dossiers ont été analysés à la recherche d'une infection sévère ou d'un cancer. Des sous-catégories ont été créées pour identifier le cas échéant le type d'infection et/ou de cancers. Le groupe contrôle est constitué de patients qui n'ont jamais été mis sous agents biologiques. On observe 226 infections sévères dans le groupe sous agents biologiques, avec un IR de 4,89 événements/ 100 patients-années (IRR = 2,1, CI 95% 1,7-2,5) comparés à 168 infections et 2,35 événements/ 100 patients-années chez ceux traités par DMARDs. Dans le groupe sous agents biologiques, le risque est accru pour les infections cutanées, musculo-squelettiques, pulmonaires, urinaires, mycobactériennes et à base de virus herpès zoster. Le risque relatif associé à l'usage des agents biologiques dans le traitement de la PR pour le développement d'un cancer est de 1 sans aucune différence significative sur un type éventuel de cancer.
Plus d'infections
En conclusion, cette étude confirme l'accroissement significatif de l'incidence des infections sévères chez les patients exposés à des agents biologiques. Par contre, avec un suivi moyen de 11 ans, aucun risque significatif de développement d'un cancer n'est observé. De nouvelles études sont maintenant nécessaires pour voir comment il est possible de mieux prévenir ces infections sévères chez ces patients.