DSM-5: quelle est la classification de la dépendance à l'alcool...
La nouvelle version du DSM, le DSM-5, a créé un véritable bouleversement dans la classification des maladies. Des chercheurs américains ont tenté d'y voir plus clair en menant une vaste étude auprès de plus de 35.000 personnes concernant la dépendance alcoolique et ses conséquences...
L'objectif annoncé des auteurs était de donner une idée aussi fidèle que possible de l'alcoolisme à travers l'oeil du DSM-5 concernant sa prévalence, ses corrélats, les comorbidités psychiatriques, les handicaps associés et sa sévérité.
Les personnes incluses dans l'étude ont été interviewées personnellement en face à face et constituaient un échantillon représentatif de la population étasunienne de 18 ans et plus. Cet échantillon comptait 36.309 patients issus de la National Epidemiologic Survey on Alcohol and Related Conditions III (NESARC-III), menée en 2012-2013.
L'unique mesure de cette étude concernait les troubles liés à la consommation d'alcool. Les résultats montrent que la prévalence à 12 mois était de 13,9% et sur la vie des participants de 29,1%. Sans surprise, la prévalence est plus élevée pour les hommes que pour les femmes, chez les Caucasiens et chez les natifs américains ainsi que chez les jeunes. Le fait de n'avoir jamais été marié ou d'avoir été marié par le passé constitue aussi un facteur de risque supplémentaire de troubles dus à l'abus d'alcool. La prévalence à 12 mois et à vie est plus importante également pour les personnes à revenu bas. De plus, des associations significatives ont été trouvées avec d'autres troubles comme la dépendance à d'autres substances, la dépression majeure, les troubles bipolaires de type I et des personnalités antisociales ou borderline. En revanche, les associations avec le trouble panique, des phobies spécifiques ou un trouble anxieux généralisé semblent relativement modestes.
Selon les auteurs, cette étude montre l'urgence qu'il y a à éduquer le public et les autorités concernant ce trouble et à le déstigmatiser afin de convaincre les personnes qui ne peuvent pas arrêter de boire par elle-même de chercher à se faire traiter.