Suicide et maladies rhumatismales...
Des chercheurs ont tenté de déterminer le risque suicidaire associé à la maladie rhumatismale.
Les auteurs grecs de cette étude ont tenté de mettre en relation différents patients souffrant de maladies chroniques arrivés aux urgences et la perception qu'ils pouvaient avoir de leur pathologie rhumatismale.
L'étude a réuni 354 patients avec un diabète, une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou une maladie inflammatoire rhumatismale chronique. Ces patients avaient été reçus sur une période de 18 mois dans le service d'urgence de l'hôpital dans lequel travaillent les auteurs. Sur l'ensemble, 17,8% (n=63) patients souffraient de pathologies rhumatismales, essentiellement de l'arthrite rhumatoïde ou une spondylarthropathie.
Les patients ont été interrogés sous forme d'une interview MINI (Mini International Neuropsychiatric Interview). Les chercheurs ont aussi évalué les associations indépendantes du diagnostic de dépression majeure évaluée par MINI et le risque de suicide selon la Risk Assessment of Suicidality Scale et leur perception de leur maladie d'après le Brief Illness Perceptions Questionnaire. Ils ont aussi évalué l'utilisation qui avait été faite du service d'urgences par ces patients après ajustement pour leurs caractéristiques démographiques et les variables liées à la maladie.
La raison principale de visite au service d'urgences était les vertiges ou un malaise (9,5%), des douleurs lombaires ou ailleurs (9,5%), des douleurs abdominales (7,9%), des maux de tête (7,9%), de la dyspnée (6,3%) ou de la fatigue (6,3%). Sur l'ensemble, 54% des patients avec une maladie rhumatismale inflammatoire ont visité le service d'urgences au moins une fois dans l'année précédente et 20,6% s'y sont présentés plus de 2 fois dans l'année précédente. Dans 38,1% des cas, un diagnostic de maladie mentale a pu être posé, dont dans 27% des cas, une dépression majeure et dans 11% un trouble anxieux généralisé. Chez 17 patients (27%), le risque suicidaire a été considéré comme important selon MINI. La dépression majeure était liée aux symptômes spécifiques de la maladie rhumatismale et le risque suicidaire était lié aux perceptions que les patients se font de leur maladie.
Il est donc intéressant de noter qu'un tiers des patients environ développent une dépression majeure avec un risque suicidaire non négligeable. Une reconnaissance précoce et un traitement adéquat sont donc tout à fait recommandés en mettant en place des stratégies psycho-éducationnelles et une bonne information du patient concernant ses symptômes. Ce type de prise en charge devrait aussi se montrer efficace pour réduire le nombre de visites au service d'urgences.