Tabac et cancer de la prostate
L'alerte avait été donnée l'an dernier par une méta-analyse, elle est confirmée par une étude menée par les Universités de Vienne et de Bâle. Il existe une probabilité accrue de mortalité par cancer de la prostate chez les fumeurs actifs, mais aussi chez les ex-fumeurs.
En 2014, une vaste méta-analyse concluait à l'influence modeste mais significative du tabagisme sur le risque de mourir d'un cancer de la prostate.
En 2015, une vaste étude rétrospective couvrant la période (2000-2011) indique un risque accru de récidive biologique de cancer de la prostate et donc potentiellement de mortalité prématurée chez les fumeurs et les ex-fumeurs.
L'analyse a concerné 6.538 sujets ayant subi une prostatectomie radicale pour cancer de la prostate sans envahissement ganglionnaire et dont le cancer ne nécessitait pas de traitement hormonal. Ces sujets ont été suivis sur une période de plus de 2 ans et tous les paramètres en rapport avec le statut tabagique ont été recueillis. La population étudiée comportait 34% de non-fumeurs complets (à vie), 32% d'anciens fumeurs et 34% de fumeurs actifs.
Par rapport aux non-fumeurs et dans le cadre d'un suivi médian de 28 mois, il s'avère que le risque de récidive biologique du cancer (PSA dépassant les 0,2 ng/ml) est plus élevé de 63% pour les anciens fumeurs (risque relatif 1,63; IC 95% 1,30-2,04; p < 0,001) et de 80% pour les fumeurs actifs (risque relatif 1,80; IC 95% CI 1,45-2,24; p < 0,001).
Pour les ex-fumeurs, l'étude indique l'existence d'un délai de 10 ans minimum avant que le risque de récidive ne redevienne égal à celui des non-fumeurs (risque relatif 0,96; IC 95% 068-1,37; p =0,84).
L'analyse multivariée n'a pas retrouvé d'association significative entre l'exposition cumulée au tabagisme et le risque de récidive biologique du cancer.