Alzheimer: Des signes plus précoces qu'on ne pense
La question du dépistage précoce préoccupe toujours les chercheurs comme les cliniciens lorsqu'il s'agit de la maladie d'Alzheimer. Un nouvel article publié récemment dans Neurology montre qu'il devrait être possible de dépister les futurs patients plus tôt.
Afin d'examiner les relations entre les tests de performance de tests cognitifs et le développement d'une démence due à la maladie d'Alzheimer prouvée cliniquement, des chercheurs de Chicago ont mené une étude de suivi sur 18 ans d'un échantillon représentatif de la population afro-américaine et caucasienne américaine. L'âge médian était de 73 ans sans démence.
Le score composite du test cognitif était basé sur la mémoire à court terme, les fonctions exécutives, la cognition globale. En tout, 2.125 participants y ont pris part dont 55% d'Afro-Américains et 55% de femmes âgées de 65 ans ou plus. Le délai d'apparition de la démence a été stratifié en 6 groupes correspondant aux périodes de la collecte des données : 0,1-0,9 an, 1,0-3,9 ans, 4,0-6,9 ans, 7,0-9,9 ans, 10,0-12,9 ans, 13,0-17,9 ans.
Sur les 2.125 personnes sans démence au départ, 21% (n=442) ont développé un Alzheimer durant le suivi. Les scores composites cognitifs les plus bas ont été associés au développement d'une démence au cours de la durée de l'étude. Le score composite pour chaque déviation standard a multiplié le risque de démence par 3,39 entre 13 et 17,9 ans (95% CI : 1.7- 6.67; p < 0.001) et par 9,84 ans (95% CI : 7.41-13.06; p < 0.001) entre 0,1 et 0,9 an. Ces associations ont toujours été plus importantes auprès des personnes d'origine caucasienne qu'auprès de celles d'origine africaine. Le test de performance cognitive sur base individuelle était aussi significativement prédictif du développement d'une démence avec une association similaire sur les 18 années de suivi.
Cela signifie que les baisses de performance sont déjà significatives 18 ans avant l'apparition d'une démence de type Alzheimer. Avec une médiane d'âge de 73 ans dans l'étude, on imagine que l'on pourrait reculer l'âge des premiers tests de dépistage et prendre des mesures sinon préventives, au moins pour tenter de ralentir le processus en marche. Par ailleurs, cela confirme l'intérêt des tests cognitifs dès la phase préclinique.